Son raisonnement était juste, car nous vîmes le chasseur, abandonnant son arme, sauter effectivement à l’arrière du canot et prendre la place du timonier. Loup Larsen cessa le feu, tandis que la fusillade continuait à faire rage sur les autres canots. Nous courûmes sur l’embarcation, qui tentait de fuir. Mais notre vitesse était double de la sienne et nous fûmes bientôt presque bord à bord, parmi les vagues écumantes. Je vis le rameur passer sa carabine au chasseur, qui la prit d’une main, sans oser toutefois lâcher la barre. Car il courait le risque, en ce cas, d’entrer en collision avec le Fantôme. S’il faisait mine de tirer, il savait d’ailleurs que Loup Larsen tirerait avant lui et le tuerait. Alors qu’il demeurait perplexe, sa carabine entre les genoux, Loup Larsen, décrochant du


