LES OISILLONS ILA PREMIÈRE VEILLE fut une longue fête tranquille, avec des moments intenses d’exaltation et de plénitude. Il avait oublié la douceur de rester simplement assis devant la nuit, dans la nuit, à regarder, à respirer la nuit, à en savourer la caresse apaisante sur sa peau, surtout lorsque s’élevait son pouls à l’idée de ce qui surgirait, tôt ou tard… Ainsi perché au-dessus des choses dans la nuit douce et immobile, il s’est bientôt senti comme sur une sorte d’île préservée entre terre et ciel, la pensée de plus en plus vagabonde, les yeux levés sans cesse vers les étoiles, prêt à se laisser entraîner vers les grandes questions – mais il a reconnu assez tôt cette forme classique de l’« euphorie de la sentinelle », et su ranimer sa vigilance. Vers onze heures, une fraîcheur à


