LIIIL’entrevueCe matin-là d’Artagnan était couché dans la chambre de Porthos. C’était une habitude que les deux amis avaient prise depuis les troubles. Sous leur chevet était leur épée, et sur leur table, à portée de la main étaient leurs pistolets. D’Artagnan dormait encore et rêvait que le ciel se couvrait d’un grand nuage jaune, que de ce nuage tombait une pluie d’or, et qu’il tendait son chapeau sous une gouttière. Porthos rêvait de son côté que le panneau de son carrosse n’était pas assez large pour contenir les armoiries qu’il y faisait peindre. Ils furent réveillés à sept heures par un valet sans livrée qui apportait une lettre à d’Artagnan. – De quelle part ? demanda le Gascon. – De la part de la reine, répondit le valet. – Hein ! fit Porthos en se soulevant sur son lit, que


