Une nouvelle partie

1040 Mots
Je suis devant le bâtiment principal du Lycée, au même endroit que ce jour-là. Le corps de Raïssa est tel que je l'avais vu. Cette fois-ci, il n'y a que moi et personne d'autre. Même le vent n'est pas venu faire du bruit. Tout a l'air si vrai. Je ne sais pas quoi en penser. Qu'est-ce que je fais ici ? Je veux partir, fuir, mais n'y arrive pas. Je veux partir, fuir, mais n'y arrive pas. J'essaie de tourner mon attention dans une autre direction ; tien, le ciel bleu par exemple. L'envie de vomir se faisait sentir en moi sans que je puisse m'épargner la vue de cette enveloppe vide. La tête de la fille se tourne pour me faire face. Mon souffle se coupe, mon cœur bat plus vite. Ses lèvres remuent, mais je ne capte rien de ses paroles. Elle parle encore et encore, mais je n'entends rien. Je ne veux pas me rapprocher pour savoir alors, elle se lève. Raïssa se met debout, bien droite, comme si elle n'avait rien eu ; comme si son corps n'a pas été en piteux état après cette chute mortelle et qu'elle n'avait perdu aucune goûte de sang. Pourtant, je distingue bien la flaque rouge qu'elle laisse derrière elle en s'avançant plus près de moi. Ses pas sont lents et réguliers. Ses yeux, toujours aussi vides sont encrés dans les miens. Je ne peux m'y détacher en plus. Déguerpir est une solution à laquelle je pense sans arrêt depuis tout à l'heure, mais, mes pieds restent collés au sol. Que me veut elle ? M'emmener avec elle ? Qu'elle reste loin de moi. Ne sait elle pas qu'elle m'effraie plus que tout ? — Ne t'approche pas. J'ai cru crier, mais, le son qui sort de ma bouche n'est qu'un murmure, comme si je ne voulais pas déranger la silence pesant de cet endroit. Lorsqu'elle arrive à ma hauteur, elle place ses deux mains sur mes joues. J'ai en même temps froid et des frissons me parcourent. Cette fraîcheur cadavérique me glace la peau et bien plus loin. — AHHHHHHHHHHH Elle me cris dans les oreilles. Le son est si strident que j'ai cru devenir sourd. Je me réveille en sueur. L'image de cette fille hante encore mon esprit. Un haut-le-corps me prend et je cours vers les toilettes pour me libérer. Je vomis tripes et boyaux tandis que mon cœur , lui, n'a pas encore stoppé sa course effrénée. Il faut absolument que je me calme et vite. Je me demande pourquoi j'ai fait ce rêve. Est-ce un traumatisme que j'avais refoulé ? Après avoir pris une douche froide, j'avale des somnifères puis repars me coucher, espérant ne plus faire ce cauchemar. ~Le lendemain~ Ce matin, je me lève péniblement. Je me sens courbaturé et mon passage devant le miroir témoigne de ma mauvaise nuit. Malgré les somnifères, il m'avait fallu un bon moment pour me détendre et fermer les yeux. — Fais chier... J'ai à peine entamé le brossage des dents que j'entends le téléphone sonner en bas. Faisant au plus vite, je pars décrocher. C'est peut-être Camilla qui appelle, car elle a un empêchement ; ça lui arrive de le faire quelques fois. — Allô ! — Salut, Anani. Bien dormi ? Je ne reconnais pas tout de suite la voix. — Ouais. Qui est-ce s'il vous plaît ? — Oh. Tu ne te rappelles pas de moi ? J'en suis vexé. Mais bref. Passons et jouons plutôt. Alors, c'est encore lui. Je suis tout de suite agacé. Que va t-il me balancer cette fois ? — Mon corps barré de traits blancs indique aux passants que je suis fiable. En attendant le rouge, ils saluent la colombe ; et quand la couleur s'annonce, ils m'empruntent. Où est-elle ? Tu as... Je le coupe en même temps, irrité pas ces propos saugrenus. — JE N'AI RIEN A FOUTRE DE VOTRE JEU A LA CON. L'inconnu au bout du fil se contente de rire tandis que je raccroche. Qui peut bien vouloir s'amuser avec moi de cette façon ? Un pauvre idiot sans doute. Je remonte et me prépare pour aller en cours, le cœur lourd. Ça ne va pas être là grande joie ce matin. C'est sûr. Mon intuition est confirmée par l'ambiance morne qui plane sur la zone du Lycée. J'en viens à envier les primaires. Quand on est gosse, c'est le rêve ; on leur cache tout pour que le monde leur semble rose. Ils ne se doutent jamais de rien. La journée se passe mollement, sans aucune forme d'incident. A la fin des cours, je décide de faire un petit saut à la plage, histoire de me détendre un peu. Il est dix-sept heures quand je pose mes affaires sur le sable fin, attendant le coucher du soleil. Je n'ai pas besoin de rester loin des baigneurs ; nous sommes en début de semaine donc, il n'y a pas trop de monde. — Hey. Salut, mec. Je sursaute, frôlant la crise cardiaque. Mike sort de derrière moi pour me faire face. Il n'y a pas de doute possible, Amalia et lui sont de la même famille, à en juger la façon dont ils apparaissent dans mon champ de vision. Je lève la tête vers le nouvel arrivant. Le jeune homme porte un short à motifs et un t-shirt léger. — Salut. — T'es tout seul ? Je hoche la tête. Un silence s'installe entre nous. Mike s'assoit près de moi. — Comment va Amalia ? — Bien. Elle n'arrête pas de parler de toi. Je souris bêtement à l'entente de cette phrase. — Désolé pour hier. C'est juste que ta tête ne me convenait pas trop... — T'inquiètes. Je te comprends. Il ne faut jamais faire confiance à "qui tu sais". Il fronce les sourcils en me scrutant. — Bah... Voldemort. Je m'étais vu dans un miroir. Il n'y avait pas de différence entre le sorcier et moi. Il rigole face à mon allusion et je fais pareil. — Ouais. Et ça n'a pas changé. Bien au contraire. Ta mine est encore pire que la dernière fois. Je souffle. — Disons que j'ai passé une salle semaine. — Tu veux en parler ?
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