Béatrice Je l’appellerai Béatrice. Elle était parvenue à fuir, aux dépends de tous, en dépassant les précautions adoptées et en forgeant sa route avec force jusqu’à mon ventre ; elle en avait pris place et possession et elle commençait à exister. Son coeur battait et je percevais sa présence ; je pensais qu’elle aurait été une petite fille. Je n’ai pas donné l’opportunité de vivre à cette petite âme; “ personne ” ne fît opposition ni résitance à la timide proposition à laquelle je faisais allusion, au contraire l’idée fut accueillie avec une impassible acceptation. Cette vie qui commençait à grandir paisiblement, aurait apporté outre la joie de ses parents également de la douleur, des condamnations, des traumatismes, elle aurait modifié tout radicalement, non seulement ma vie. Sur l


