Puis ils marchèrent côte à côte, en silence, sur la route pierreuse, grimpante, pendant un bon moment. Joseph choisit de prendre un peu plus au sud qu’à l’est. Si le cheminement en devenait plus long, il en était plus sûr, car il y avait par là-bas, dans le bois de la Hèye, le grand étang de Roumont et aussi une très large part de marécages qu’il connaissait mal et où il craignait de se perdre. François cherchait à mesurer son pas et le geste du bâton sur ceux de Jamet. Ce n’était pas encore à son aune, il devait forcer un peu pour allonger, et cela « tirait » sur les muscles de ses cuisses, mais il se serait plutôt laissé couper la langue que de l’avouer ou de se plaindre. Joseph s’en rendit compte au bruit de leurs sabots, à la cadence qui s’emballait parfois quand le gamin devait couri


