### CHAPITRE 10
Un cri à glacer le sang s’échappe de mes lèvres, espérant que quelqu’un, n’importe qui, vienne me sauver. Ses longues dents acérées s’approchent de plus en plus de mon visage, et je ne peux plus résister à sa force.
Des larmes coulent sur mon visage tandis que des sons inaudibles sortent de ma bouche.
Je regarde dans les yeux de la bête, et je les trouve froids, sans vie, comme s’ils fixaient simplement leur repas. Ce qui est probablement le cas.
Le loup semble comprendre que je ne le laisserai pas s’approcher davantage, alors il réagit. Ses yeux passent de mon visage à mon torse pendant une seconde. Il grogne à nouveau bruyamment et bouge légèrement dans mon emprise jusqu’à ce que je hurle de douleur. Ses griffes transpercent la peau de mon bras, libérant ma main de la pression que j’exerçais sur lui. Du sang s’écoule des blessures causées par ses griffes.
Le loup remarque l’absence de ma main et en profite. Il lève la tête en l’air, prêt à frapper, et je me prépare à affronter ses dents aiguisées comme des lames de rasoir. J’attends la douleur qui sera bientôt ma mort, mais un éclair noir surgit, arrachant la créature de mon corps.
Je halète lourdement et me redresse en position assise pour voir un autre loup. Ce loup est beaucoup plus grand que celui qui m’a attaquée. Il a une fourrure noire brillante, presque fascinante, et il est presque aussi grand que moi malgré ma petite taille.
Le loup noir mord le cou de l’animal couleur rouille, qui gémissant de douleur, finit par être projeté au sol. Le loup noir grogne mortellement vers l’autre, le menaçant.
Rapidement, le loup couleur rouille s’enfuit et disparaît dans la forêt.
Serrant ma blessure sur mon bras, j’essaie de stopper l’hémorragie, bien que cela semble impossible. Le sang coule entre mes doigts, et le liquide cramoisi me donne la nausée.
Soudain, le loup noir se retourne vers moi. Mon cœur bat à tout rompre, et ma respiration s’accélère sous l’effet de la panique.
Même si ce loup ne grogne pas comme l’autre, il est tout aussi intimidant.
J’essaie de reculer, mais la douleur et l’impuissance rendent tout mouvement difficile.
— N-non, n-non… bafouillé-je entre deux sanglots, même si je sais qu’il ne peut pas me comprendre.
Il se rapproche lentement de moi, et mes pleurs s’intensifient. Je ne peux pas contrôler ma peur.
Mais alors qu’il n’est plus qu’à quelques centimètres de moi, il s’allonge brusquement, juste à mes pieds.
Je retiens ma respiration en le regardant, complètement déconcertée.
Il gémit doucement en posant lentement sa tête sur mes genoux. Je tressaille lorsque sa lourdeur s’installe sur mes jambes.
Je ne sais pas quoi faire. Il semble presque amical, bien qu’il repose les yeux clos sur mes genoux. Mais c’est un loup géant.
Inspirant profondément, je le vois ouvrir soudain ses yeux mystiques pour me regarder.
Ils sont d’un bleu profond, empreints d’émotions intenses. Je jurerais les avoir déjà vus quelque part.
Mais c’est un loup. Bien sûr que je n’ai jamais vu ces yeux.
Je grimace soudainement à cause de la douleur lancinante dans ma blessure. Le sang continue de couler, et la pulsation constante de la douleur ne fait qu’aggraver ma détresse.
Le loup grogne tout bas, redressant sa tête pour m’observer. Étonnamment, le son ne m’effraie pas. Au contraire, il me choque.
Ce grognement ressemble étrangement à…
— G-Greyson ? murmuré-je.
Le loup noir me fixe, puis regarde mon bras avant de reposer ses yeux sur moi. Il se fige un instant avant d’incliner légèrement la tête.
Le loup vient de faire un p****n de signe de tête !
Je suis sidérée tandis qu’il se lève et s’approche de mon bras blessé. Il pousse doucement ma main qui presse ma plaie.
Je finis par obéir et retire ma main, et le sang jaillit immédiatement des marques laissées par les griffes.
En grimaçant, je le regarde commencer à l****r ma blessure. Instinctivement, je retire mon bras, mais il grogne légèrement. Je finis par céder et le laisse continuer.
Attends une p****n de minute !
Le loup a-t-il hoché la tête parce qu’il est vraiment Greyson ? Ou est-ce que je deviens folle ?
— Greyson ? demandé-je à nouveau.
Il cesse de l****r mon bras et me regarde dans les yeux. Après une seconde d’hésitation, il scrute les environs, ses yeux bleus cherchant quelque chose.
Puis, il se dirige vers un arbre derrière moi, assez grand pour le cacher entièrement.
Des craquements résonnent soudain. Je frémis à chaque bruit. Que se passe-t-il ?
Le bruit s’arrête, et quelques instants plus tard, Greyson sort de derrière l’arbre, seulement vêtu d’un short.
Encore une fois… Que se passe-t-il ?
Greyson se précipite vers moi et s’occupe immédiatement de mon bras blessé.
Sans dire un mot, il examine ma blessure avec attention. Je remarque que seules de petites quantités de sang s’écoulent désormais des entailles profondes. Il déchire un morceau de son sweat à capuche déjà en lambeaux et l’enroule fermement autour de mes coupures.
Mais pourquoi est-il là ? Et où est passé le loup ?
J’essaie de parler, mais aucun mot ne sort.
Greyson me fait taire doucement en s’asseyant à côté de moi.
— Je ne voulais pas que tu le découvres de cette façon, ni aussi tôt, commence-t-il. Mais Willa, s’il te plaît, écoute-moi.
Il passe une main frustrée sur son visage avant de plonger son regard dans le mien.
— Je ne sais pas comment le dire autrement… Je suis un loup-garou.
Ces mots s’impriment dans mon esprit, transformant mon cerveau en bouillie.
Un loup-garou ? Je ne comprends pas. C’est impossible. Je pensais que ce n’étaient que des légendes.
Mais en y réfléchissant, tout s’explique : mon intrusion sur leur « territoire », ses grognements fréquents, et la manière dont on m’a qualifiée « d’humaine ».
Instinctivement, je m’éloigne de lui. Je ne sais pas de quoi il est capable.
Il attrape ma main avec une rapidité inhumaine, presque imperceptible.
— S’il te plaît, n’aie pas peur de moi, murmure-t-il.
Ses yeux bleu nuit débordent d’émotions. Ce regard me pousse à lui faire confiance. Mais je ne sais rien des loups-garous, ni de leur dangerosité.
Je retire lentement ma main de la sienne, ignorant le besoin inexplicable de retrouver la chaleur de son contact.
Je ramène mes genoux contre ma poitrine et les entoure de mes bras.
— Comment veux-tu que je ne te craigne pas alors que je n’ai aucune idée de ce que tu es, ni de ce dont tu es capable ?