LXIXLa tombe anonymeJe traversais le cimetière du Père Lachaise, allant du tombeau d’Alfred de Musset au tombeau de Balzac ; je vis passer Albert Henryet et Blanche Auvray. Ils s’étaient mariés la veille, mais ils étaient en deuil. L’amour, dit le proverbe, met toujours des fleurs de mort dans son bouquet. Albert et Blanche ne voulaient pas être heureux sans pleurer. J’allai à leur rencontre. – C’est bien ce que vous faites là, leur dis-je. Il faut consoler les vivants, mais il faut pleurer les morts. – Pauvre Max ! murmura Blanche. – C’est votre père qu’il faut plaindre, dit Albert. – Soyez son fils, lui dis-je, pour l’empêcher de mourir de chagrin. Et nous allâmes tous les trois vers une tombe isolée. – C’est ici, dit Blanche qui y était venue souvent. Je remarquai une grille de


