Chapitre 8Le 25 mai 1888, Anna voyait le jour à Mont-Saint-Aubert, bourgade de quelques centaines d’âmes qui domine le Tournaisis, surplombe la Flandre et la France très proches. Au carrefour de l’Europe, dit-on aujourd’hui, dans une Belgique prospère, la troisième puissance industrielle du monde, lisait-on fièrement dans les manuels d’histoire et de géographie. La localité appartint à la châtellenie d’Ath jusqu’à la fin du 17e siècle. Autrefois, le mont Saint-Aubert s’appelait mont Minerve. Plus tard, au moyen âge, on le dénommait mont de la Trinité à cause du pèlerinage connu depuis le 14e siècle. Le culte des flagellants est attesté au moyen âge. Au 17e siècle, le curé Jean Bordeau avait fait bâtir, avec les offrandes des fidèles, une chapelle sur le Mont. En 1701, Mont-Saint-Aubert


