– Des trains militaires ? demandai-je. Elle fit un signe affirmatif. – La ligne en est bondée. Nous en avons dépassé toute la nuit. Et tous se dirigent vers Chicago. On les branche sur la ligne aérienne. Cela en dit long… J’ai un bon ami à Chicago, ajouta-t-elle en manière d’excuse. C’est un des nôtres. Il est dans les Mercenaires, et j’ai peur pour lui. Pauvre fille ! son amoureux appartenait à l’un des trois régiments infidèles. Hartman et moi déjeunâmes ensemble dans le wagon-restaurant, et je me forçai à manger. Le ciel s’était couvert, et le train filait comme un tonnerre monotone à travers les grisâtres draperies de cette journée qui s’avançait. Les nègres mêmes qui nous servaient savaient qu’un événement tragique se préparait. Ils avaient perdu leur légèreté habituelle de caractè


