Chapitre 7

3013 Mots
Je termine de prier pour ensuite me lever et aller regarder la télé. La femme de mon oncle Daouda chez qui je vis avec ma mère vient me tenir compagnie. C'est vrai qu'il fait un peu trop tôt mais comme moi, elle est insomniaque. De plus, on n'a rien â faire puisque la bonne se charge de tout. Je ne suis pas exactement la télé, en effet je suis plus concentrée sur mon chapelet. Si Galaye m'a laissé un héritage bien valeureux c'est bien cette piété qu'il m'a transmis. Je termine de prier pour lui quand j'entend mon portable sonner. Qui peux bien m'appeler á cette heure-ci? Je décroche sous les regards interrogateurs de Fatim, en voyant Dr Diop s' afficher sur l'écran. Il doit y avoir un probléme vu qu'il n'est que sept heures du matin. Conversation téléphonique -Allô?  -Oui docteur ça va? -Euh...oui! Ça va bien. Excuse moi de te contacter pareille heure mais je dois te voir, c'est une urgence. -Urgence diamm?  -Oui! Veux tu me retrouver á l'heure de pause au restau devant l'hôpital? -Euh...oui! Oui Biensur. -Ok! A plutard et je m'excuse encore du dérangement. -c'est pas grave. A plus. Fin conversation téléphonique Que doit-il y avoir d'aussi grave? Je ne comprends pas. Est-ce en rapport avec mon mari? Qui c'est. P.d.v. de Khalifa J'espére vraiment qu'elle ne va pas être en colére contre moi aprés ça mais bon! Je dois tenter le coup. Aprés avoir raccroché, je fais ma routine matinal: c'est á dire aller voir l'état de mes malades suivi de mes collégues et de Camara, mon assistante.  Je termine deux heures plus tard avant de retourner mon bureau. Lá, je reçois un coup de fil de ma mére. Qu'y a t-il encore!  Conversation téléphonique -Oui maman adorée!  -Hey ne cherche pas á m'amadouer comme ça! Oú es tu?  -Oú veux tu que je sois d'autre a part mon bureau? -Mane je pense que ton frére et toi vous voulez me tuer! Deux semaines que je ne t'ai pas vu et lui, ça va faire presque un mois depuis! Les seuls nouvelles que j'ai de vous me sont données par les journalistes est-ce normal ça?  -T'as raison M'man mais tu sai.. -je ne sais rien du tout! Je te veux á la maison á midi -Non pas á midi. Je passerais te voir aprés le boulot promis. -Non je.. -Je t'aime aussi maman! By!  Fin conversation téléphonique Je raccroche en riant sachant que ce que je viens de faire lá va me coûter trés cher. Je sais déjá de quoi elle veux me parler et elle sait que c'est la raison pour laquelle je la fuis. Elle dirrige d'une main de fer la société que nous a laissé notre pére. Lá, elle veux que je prenne les commandes mais je ne veux pas. Je ne suis pas fait pour dirriger une entreprise moi, bien que j'ai un don pour les chiffres. Oui je suis ce que les gens appellent un génie, un surdoué, tout ce que vous voulez. D'ailleurs c'est l'une des raisons pour lesquelles je suis le plus jeune médecin de ma promotion qui ait obtenu mon diplôme á mes 24 ans et qui ait terminé ma spécialisation á mes 26 ans. De ce fait, je travaille dans un hôpital publique tout en sachant que je peux m'offrir mon propre clinique ou mieux, me construire mon propre hosto mais je préfére travailler et mieux m'expérimenter.  Elle est contre cette idée. Elle veux faire de moi son successeur alors que je veux suivre ma vocation moi. Parallélement, mon grand frére,Amadou, est tout á fait apte de prendre sa relai. Mais son irresponsabilité ainsi que sa manque de maturité qui font qu'il se plait dans le milieu du jet set inquiéte ma mére. De facto, celle ci refuse catégoriquement de le laisser dirriger seul. Je reçois un message de Soda. Tient! Elle doit être vraiment inquiéte la pauvre. Elle s' est pointée environ trente minutes avant l'heure que je lui ai indiqué. Je sors la rejoindre devant le bâtiment oú elle m'attend, habillée simplement d'une grande robe lui arrivant aux genoux, la tête nouée négligeamment dans un foulard. Rien que son habillement indique son état d'esprit. Elle n'est pas elle même et Pourtant, même fringuée comme ça, elle est trés belle, voir même beaucoup plus belle que la derniére fois que je l'ai vu. Je me dirrige vers elle. Elle a tellement changé. Une expression sérieuse, une mine triste. Il faut intervenir et vite, elle va vraiment mal. -Salut!  Me dit-elle sans aucun sourire sans aucune signe de gaieté, rien.  -Ça va?  Lui demandé-je bêtement tout en sachant que c'est loin d'aller. -Oui! Ça va. Excuse moi d'être venue plutôt mais je n'en pouvais plus d'attendre. -Oui je comprends. D'ailleurs tu tombe á pique. Tu me raccompagnes dans ce bâtiment lá bas? Je donner ceci á la directrice et aprés on va déjeûner et je t'explique ce pourquoi je t'ai appelé. Lui demandé-je. Je la devance sans dire mot et elle non plus ne dit rien.  Je me dirrige vers le bâtiment de psychatrie. Elle a l'air confuse mais me suis sans dire quoi que ce soit. Une fois dans le couloir, elle regarde avec de grands yeux les malades qui crient, marchent, courent, rient. Y'en a qui chantent, d'autres qui dansent et d'autres qui pleurent. Je me dirrige vers le compartiment des femmes avec elle. Une fois lá bas, j'appelle Hortence, la directrice de ce bâtiment qui prend en charge la totalité des malades avec ses collégues. Elle nous rejoint, nous salut et je lui donne les feuilles en m'attardant sur une femme qui parlait sans cesse, les deux mains sur la tête. -Oh! La pauvre!  -tu parles de Nafi?  Me demande Hortence. Je lui répond que oui et elle explique. -Elle souffre de dépression. La pauvre elle a subi un choc émotionnel et ça l'a mené ici. Me répond Hortence en prenant les feuilles, me remerciant et s'en allant. Je demande á Soda de nous suivre mais elle continuait de regarder les malades avec tant de pitié et les yeux larmoyants. Elle finit par se ressaisir et on est parti ensuite au restau. Une fois installé je voulu commander mais elle m'arrête. -S' il te plait docteur, je n'ai pas faim. Dis moi juste pourquoi tu as fait appelle á moi. Est-ce en rapport avec mon mari? Lá, je me ressaisi et prend un air sérieux. -Non! C'est en rapport avec toi.  -Avec moi?  Je hoche la tête, respire un grand coup avant de commencer. -Avant la mort de ton mari seulement, tu étais tout le temps angoissée et je suppose que cette angoisse s' est centuplé et s' est transformé en une tristesse trés profonde. Ça va bientôt faire une année Soda et tu refuses de te remettre de cette situation. -Att... Elle fronce les sourcils mais je l'arrête. -NON! NON! Attend que je termine s' il te plait. La derniére fois quand je t'ai appelé, tu m'as présenté des signes de dépressions commençant. Je ne te connais pas mais je sais que tu n'es pas toi même actuellement. J'ai voulu m'en rassurer, testant de voir si vraiment je me suis trompé mais quand je t'ai appelé si tôt le matin et que tu m'as répondue, j'ai alors compris que tu n'as pas dormi de la nuit. Tu as vu les femmes de tout á l'heure non? Tu as bel et bien regardé les lieux? Et bien j'espére que tu as bien familiarisé avec car dans un futur trés proche, si tu ne cesses pas ton comportement lá, tu vas les rejoindre et ça je te le promets car je parle en connaissance de cause.  Elle me regarde sans rien dire. Je suppose qu'elle n'a rien entendu de ce que j'ai dis, son cas est critique celle lá. -Maintenant, je t'ai dit ce que j'avais á te dire, tu peux disposer. Je voulais juste te prévenir. Je ne suis pas psychiatre mais je sais que tu vas mal. A bon entendeur salut!  Elle me regarde toujours semblant ne pas en revenir. Elle doit se dire que je me fous d'elle mais tant pis. Je lui ai déjá prévenu. Elle allait me répondre quand Yacine, ma collégue pédiatre avec qui je sors se pointe â notre table. Elle et moi, c'est depuis des années. -Bonjour bae!  -Salut!  Elle me fait un smack et salue Soda qui, sans même lui répondre, se léve et s' en va aprés m'avoir fait un gros tchip. Je la regarde s' éloigner. J'ai vraiment peur pour elle. -Bae tu m'écoutes lá? -Oh pardon! Tu disais?  -C'est qui elle?  -Oh! Personne! Dis, tu es toute mignonne ce matin! Lui souris-je pour changer de sujet. P.d.v. de Soda Il est malade ou quoi? Quand je pense que j'ai fais ce déplacement pour rien.  Je trouve tata Fatim toujours assise au salon. Elle semblait m'attendre. -Tu es revenue?  Me demande t-elle ce qui fait que je vienne m'installer á ses côtés. -Oui!  -Et?  -Il s' est foutu de moi! Ki dafma yap -Ah? Et comment?  J'explique tout á tante Fatim qui n'a rien raté et qui m'a même convaincue d'y aller plus tôt car elle était inquiéte elle aussi. Aprés que je lui ai tout dit, elle m'écoute attentivement puis me dit. -Soda nékhoul ba nékhoul mais il a raison. Ma fille ton état est déja inquiétant. Même nous on sait que tu ne vas pas bien et nous craignons le pire et n'oublie pas qu'il est médecin donc il sait bien de quoi il parle. En y réfléchissant, ils n'ont pas tort. A vrai dire, moi même au fond de moi j'ai peur. Durant tout le trajet, je n'ai pensé qu'á cela.Oui j'ai peur de devenir comme ces femmes, comme ces hommes. Comme ces ors rouillés(@marichou) trésors de jadis. Si je venait á perdre la tête qui prierait pour mon cher mari? Je sais qu'il a sa femme et ces enfants mais il a aussi besoin de mes priéres, mes sincéres priére me venant droit du cœur. De plus, quel intérêt aurait ce docteur á me mentir? On aurait cru qu'il voulait se rapprocher de moi mais il a déjá une copine voire même une femme qui sait? Donc je peux lui faire confiance non?  -Tata Fatim j'ai peur! Que dois-je faire maintenant? -Je ne sais pas ma fille! Appelle le et demande le lui. Il pourra t'aider je pense. -Vous avez raison. Je me léve et vais me changer dans ma chambre. Je prend mon cellulaire et l'appelle. Conversation téléphonique -Allô docteur?  -Oui? Ça va Soda?  -Ça va bien. J..voilá, je voulais m'excuser de mon comportement de tout á l'heure. Je suis désolée. -T'en fais pas, c'est oublié. -En plus, j'ai bien pensé á ce que vous m'avez dit et...vous avez raison. J'ai peur et j'ai vraiment besoin que vous m'aidiez!  -C'est ok! Je te promets de faire de mon mieux. Demain c'est Dimanche mais...tu sais ce qu'on va faire? Je vais passer te prendre chez toi. Ça te dit?  -Oui. A quelle heure?  -La matinée.  -D'accord. Je t'envoie l'adresse. -Ok! A demain.  Fin conversation téléphonique Le lendemain, aprés le petit déjeûner, je reçois un message de lui me disant qu'il est devant la maison. Je sors et trouve une belle voiture garée au seuil. Il ne prend pas la peine de sortir. Je le salu simplement et m'installe sur le siége passager, un peu honteuse de mon comportement d'hier. Il parle au téléphone pendant des minutes et je suppose que c'est sa copine qui est á l'appareil.  J'étais concentré sur la route quand il raccroche et s' adressant á moi. -Ça va Soda?  -Euh oui! Ça va bien et toi?  -Bien aussi! Un silence s' installe avant qu'il ne lance la conversation sur les voitures, la route ect.  On en discute jusqu' á ce qu'il s' arrête devant une plage: je ne sais pas oú c'est mais le relief est captivant. La route borde une petite végétation qui laisse transparaître la mer. On doit descendre jusqu'au rivage mais avec ma tenue mauritanienne, ça risque d'être difficile. Mais c'est lui qui m'aide á descendre.  J'admire le paysage qui est déjâ trés séduisant. La douce brise marine me caresse le visage. En expert des lieux, le docteur me devance et je le suis. Je voulu m'assoir sur un pied d'arbre pour mieux voir l'eau située en dessous mais il n'est pas du même avie. Alors je le suis jusqu'aux rochers de la mer et chacun de nous deux s' installe sur une pierre. Je laisse pendre mais peds pour que l'eau des rivages viennent l'asperger de temps â autre: cet endroit est magnifique et calme. Pas bondé de monde comme la plupart des autres, on y trouve que quelques écoliers, en blouses qui s' amusent. -Alors? Tu aimes?  -Cet endroit est magnifique. Il sourit. -J'aime venir m'y réfugier. Maintenant on va commencer ta thérapie. Tu sais, j'aurais pu te recommander l'un des psychologues de notre établissement. Mais j'ai pensé que tu aurais besoin de plus de familiarité.  Je hoche la tête car il a raison. Je me sens plus á l'aise avec les gens que je connais qu'avec les inconnus. -Dans ton cas, il est plus recommandé de s' ouvrir: parler. As tu des amis?  -Je secoue la tête pour dire non. -Ok! Maintenant regarde moi. Je me retourne pour lui faire face et il me dit: -A partir d'aujourd'hui vois moi comme un ami. Je suis un homme d'accord mais n'aie crainte. Je ne te veux rien du tout. J'ai une copine et même si je la trompe avec toute les jolies filles de Dakar, je l'aime et je compte bientôt l'épouser d'accord? Sourit-il. Il sait que c'est un coureur de jupon? D'accord! Je lui souris rassurée et il reprend. -Tu vas devoir te faire á l'idée que Galaye est mort.  Je baisse la tête et il la reléve avec son menton. -Hey! Galaye est mort. Répéte avec moi. -Galaye est mort. Dis-je trés rapidement pour ne pas m'y attarder. -Trés bien. Maintenant raconte moi. Dis moi. A ton avis, qu'est-ce qui peux expliquer cet amour immense que tu ressens pour lui. Dis moi tout Soda. J'ai toute ma journée et je suis trés interressé par cette histoire. Raconte moi tout. -Ok!  Lui dis-je en regardant l'immense étendue bleue. Je respire profondément avant de commencer. -Sais-tu ce qu'est une mort dans la conscience? Il me regarde toujours avant de répondre. -Je suis médecin je te rappelle donc Oui je sais ce que représente une mort dans une conscience. Donc il sera en mesure de me comprendre. -voilá ce qui m'est arrivé á la mort de mon pére. Et tu sais que c'est quelque chose de trés lourd, c'est comme un fardeau que l'on porte. Dans mon cas, il m'avait confié â Galaye. Il lui a demandé de m'épouser, de faire de moi sa femme. Tout ce que je voulais au début, c'était d'être quite avec ma conscience puisque ce mariage était un moyen de me racheter envers mes parents mais aussi envers moi même, pour pouvoir me pardonner la salle vie que j'avais. Au sein de ce mariage alors j'ai découvert un homme merveilleux qui m'aimait moi. Pour la toute premiére fois un homme se fichait de la coquille de jolie fille et s' interessait á ma personne. Il savait qui j'étais et m'a aussi permis de mieux le savoir. Il est le seul á me comprendre sans que je n'aie besoin de parler. Il pouvait deviner ce qui n'allait pas rien qu'en me regardant et c'était une premiére.  Je n'ai pas grandi avec mes parents: j'ai été élevé par une badiéne qui n'avait dieu que pour l'argent. Du coup je n'étais considérée que comme une vulgaire pot de fleur vendue aux enchéres: lui, je l'ai aimé car il a été le premier á se soucier de moi. Et puis, j'ai aussi su que lui non plus n'avait pas été heureux dans son passé. Il a grandi dans un dara sans avoir connu ses parents: c'est lá qu'ils se sont connus mon pére et moi. Le Dahra était sa famille, son foyer, une bénédiction pour lui qui lui a appris ce qu'était la vie dans l'autodépendance, qui a fait de lui un homme qui ne pouvait être hautain même avec des milliards: qui lui a ouvert le cœur et l'esprit de sorte qu'il n'aie jamais besoin de qui que ce soit. Aprés avoir parcœurisé le coran, il est venu ici á Dakar pour pouvoir travailler. Et par la grâce du tout puissant il a pu fonder un foyer solide sans jamais avoir envié qui que ce soit. Tata Marame était sa cousine. Leur mariage était arrangé et si pour lui, cela n'avait aucun probléme, l'autre n'a jamais voulu de leur union. C'est pourquoi elle ne s' occupait pas de lui: elle le négligeait royalement. Peut être était-ce ce que mon pére avait compris: que son ami n'était pas heureux avec sa femme?  En tout cas, pour lui, j'étais une bénédiction du ciel: raison pour laquelle il me remerciait au moindre effort et ses remerciements n'étaient pour moi que des encouragement car la pitié que j'ai ressenti pour lui s' est trés vite transformé en un véritable amour. J'ai beaucoup subi dans sa maison, mais je subissais en silence car tant que lui ne me faisait ou ne me disait pas de mal, le reste je m'en fichait. Il ne m'a jamais frappé, jamais insulté, il ne m'a même jamais crié dessus, quand je commettais une erreur, il me le faisais comprendre la nuit, dans ma chambre, á l'insu de tous.  Tout en parlant, je laisse mes larmes couler abondamment tandis que le docteur Diop me fixait et m'écoutait avec beaucoup d'intérêt ce qui me motivait á continuer, á parler, á extérioriser ce que je ressentais. -Waw!  C'était le seul mot qu'il arrivait á dire. -Tu vois maintenant pourquoi je ressens un si grand vide autour de moi?  Lui demandé-je tandis qu'il restait muet et pensif.
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