XVI
On construit à Tom un palais, mais il n’est pas ambitieuxSi Tom eût été ambitieux, il eût pourtant pu être satisfait, car il n’y avait pas huit jours qu’il était à la cour, que le menuisier du roi lui avait bâti un fort joli petit palais qu’on avait placé tout meublé dans la chambre à coucher de la reine, dont notre héros était devenu le favori.
Ce petit palais améliora beaucoup le sort de Tom, car, au moins, avait-il de cette façon un chez-lui, d’où il ne sortait que pour recevoir la visite des gens qui lui plaisaient.
Par exemple, il fallait obéir au roi, et ce n’était pas toujours fort agréable ; car le roi, qui aimait à rire, forçait le pauvre Tom à faire devant lui des gambades, à marcher sur les mains, et à exécuter encore bien d’autres tours pour s’en amuser. Et Tom, qui avait de la dignité, souffrait d’être obligé de faire ce métier de baladin ; car, disait-il : « Sauter devant le roi, comme je le fais, ou devant de pauvres diables, comme le font les saltimbanques, c’est toujours sauter. »