Chapitre 02 : Une vérité révélée

1599 Mots
Malgré mes cris incessants, elle demeurait inerte, n'esquissant aucun mouvement. Submergée par un flot de larmes, je pris conscience que je venais peut-être de commettre un acte mortel. Clara, la domestique, capta mes sanglots déchirants et se précipita pour découvrir ce qui se passait. Les larmes inondaient mon visage lorsque mon époux fit son entrée. Il accourut tel un chevalier à notre secours, laissant les piles de médicaments qu'il venait d'acheter se disperser sur la terrasse. ‘’Que s'est-il passé, enfin… Qu'est-ce qui a bien pu se passer ?’’ demanda-t-il essoufflé, le front perlant de sueur. Moi : Ta maîtresse, celle que tu as osé me substituer, m’a manqué cruellement de respect en me traitant de vielle femme. Je voulais lui remettre les idées en place quand soudainement, elle est tombée à terre,’’ fut ma réponse empreinte de colère. Claudio ne m’adressa plus la parole se précipita pour amener la jeune femme à l'hôpital. Prise de panique, je sautai dans ma voiture et les suivis de près. Quelques minutes plus tard, je les rejoignis et trouvai Claudio, trônant dans la salle d'attente, l'angoisse peinte sur son visage. Moi aussi, j'étais inquiète, mais je désirais ardemment des réponses. Je voulais que toute cette histoire soit éclaircie, disséquée. Je m'approchai lentement de lui, mais son expression et son regard me dissuadèrent de poser la moindre question. Connaissant intimement mon mari, je n'eus pas le courage de lui demander quoi que ce soit. Je restai donc calmement dans mon coin, attendant le médecin, tout comme Claudio. Au bout de trois interminables heures, le médecin revint vers nous, le visage sombre et accablé, comme si le poids de la nouvelle lui était insupportable. D'une voix chargée d'un triste fardeau, il prononce ces mots douloureux : ‘ ’ Nous avons réussi à sauver la vie de la mère, mais hélas pas celle du précieux bébé. Je suis navrée, monsieur.’’ Sa phrase résonna dans mes oreilles tel un coup de tonnerre, m’anéantissant en un instant. Un silence de plomb s'installa et les paroles se meuvent en échos, tandis que dans ma bouche, un unique mot parvient à s'échapper : - ‘’Seigneur, qu'ai-je commis ?’’ Mes mots se perdent dans l'air lourd de conséquences, témoignage de ma culpabilité insoutenable. Claudio, le regard empli de colère, braqua ses yeux vengeurs sur moi avant de se tourner vers le médecin. D'une voix à la fois glaciale et cinglante, il demanda d'une autorité brisée par le chagrin : - ‘’Puis-je la voir, au moins ?’’ Le médecin acquiesça avec compassion, s'inclinant devant la douleur des événements. ‘’Bien sûr, monsieur. Je vous prie.’’ Dans cet étau de désespoir, je suis submergée par l'inattendu. Comment ai-je pu me laisser emporter jusqu’à ce point ? Rregrettant amèrement chaque choix qui m'avait conduit à cet acte irréparable, les remords m’envahissent, brûlants et insupportables. Mon époux fit son retour après un court laps de temps. Moi, fidèle gardienne de cette salle d'attente, fus carrément ignorée par ce colosse enragé. Il fut impossible pour moi de rentrer. Je réclamai alors la chambre où elle avait été internée et sans plus tarder, je m'acheminai dans cette direction. J’ouvris la porte, et là, je fus accueillie par la présence majestueuse d'une infirmière en son sein. - ‘’ Vous ne pouvez pas rester longtemps’’ dit-elle. - ‘’Oui, je ne vais pas tarder’’ Lui avais-je répondu. - ‘’C'est mieux ainsi.’’ Sur ses paroles, l'infirmière s'éclipsa de la pièce, me laissant seul face à cette jeune femme. Je m'approchai d'elle avec lenteur, presque en retenant mon souffle. Elle s’était endormie, ignorant encore la nouvelle qui l’attendait à son réveil. Cette douleur, je ne la souhaiterais pas même à mon pire ennemi. Mes yeux s'emplirent de larmes, témoignage de ma peine. Toute cette souffrance qu’elle allait ressentir était ma faute. Je ne pouvais pas me le pardonner, tout comme elle ne pourrait jamais me le pardonner. J'ai ôté la vie à un bébé innocent, qui n’a même pas eu la chance de voir la lumière du jour. Une multitude de pensées me traversaient l'esprit, me submergeant dans un profond sentiment culpabilité. Ne pouvant pas supporter de rester longtemps là, je me précipitai vers ma voiture et ouvris la portière avec frénésie. Assise au côté conducteur, je frappai ma tête contre le volant à maintes reprises, la douleur physique apaisant quelque peu ma douleur intérieure. Les sanglots s'échappèrent de moi, tels des cris déchirants. Soudainement, une idée me traversa l’esprit. Pourquoi me sentais-je si coupable ? La réponse était là, tapie au plus profond de moi : son manque de respect. Je ne supportais pas qu'on me manque de respect, encore moins qu'on m'insulte. Tout ce que je voulais, c'était qu’elle disparaisse, qu’elle retourne d’où elle était venue. Mais Claudio ne me pardonnerait jamais cet acte irréparable. Le jour se levait timidement quand j’atteignis enfin mes pénates, le temps lui-même semblait figé à cette heure tardive. Parvenir jusqu’ici relevait presque de l’exploit, une prouesse dont je ne pouvais décrire les tours de passe-passe. Cependant, le soleil avait déjà accompli son cycle, nous étions donc déjà en ce nouveau jour. Il y a seulement quelques instants que s’était déroulée cette scène tourmentante, qui ne cessait d’occuper mon esprit. J'entrouvris la porte du salon, en quête de signes de Claudio, mais en vain. Pourtant, sa voiture trônait dans l'allée. Mon pas me guida instinctivement vers sa chambre. Et là, je vis mon époux chéri, assis au bord du lit, la tête enfouie entre ses paumes. Sa chemise, négligemment ouverte, laissait entrevoir son ventre creux et sa poitrine hirsute. On ne pouvait ignorer la cravate froissée, qui pendait négligemment autour de son cou, libérée de tout lien. Je m'imaginais les tourments qui l’assaillaient, ce qui ne faisait qu’accroître mes tremblements. Quand Claudio, d’habitude si calme, en vient à ce mutisme, cela témoigne de la fureur qui l'anime et du degré de déception qu’il éprouve. Mais je fis preuve de bravoure et m’approchai de lui. Avec douceur, je posai mes paumes sur sa tête, comme pour apaiser ses pensées tumultueuses. - Claudio : N’ose même pas, mauvaise femme, je ne te savais pas aussi si cruelle. Claudio, les mains tremblantes de rage, cracha ces mots avec une telle violence qu'ils résonnèrent dans toute la pièce. Son regard accusateur me transperçait telle une lance empoisonnée, et son ton était tellement chargé de mépris que j'avais l’impression de suffoquer sous le poids de mes propres remords. Je tentai alors de me défendre, d'expliquer mes actions, mais les mots se figèrent dans ma gorge. Mon esprit était en ébullition, cherchant désespérément à trouver les justifications qui pourraient apaiser la colère de Claudio. Mais il était bien trop furieux pour m’écouter. ‘’Tu n'as même pas la décence de t'excuser correctement’’, hurla-t-il avec une détermination qui aurait pu faire trembler les murs. ‘’ Tu n'as aucun respect pour notre amour, pour notre famille ! Je ne te reconnais plus, Jeanne. Tu es devenue une étrangère à mes yeux, une ombre toxique qui se cache derrière de vains mots d'excuse.’’ La tristesse s'empara de moi et mes yeux se remplirent de larmes. Je voyais bien à quel point mes excuses semblaient insuffisantes face à la douleur que j'avais causée, et mon cœur se déchirait un peu plus à chaque mot qui tombait de la bouche de Claudio. Je me sentais emprisonnée dans un tourbillon de regrets et de culpabilité, me demandant comment j'avais pu en arriver là. Puis Claudio se leva brusquement, comme s'il était sur le point d'exploser. Il fit quelques pas, errant dans la pièce telle une âme tourmentée, puis finalement il ouvrit à nouveau la bouche. Ses paroles, empreintes d'une colère profonde et d'une peine indescriptible, résonnèrent dans mes oreilles, réveillant en moi une vague d'émotions incommensurables. ‘’ Tout ça pour quoi ?! Pour satisfaire tes désirs égoïstes et sans valeur ! Je ne peux plus te regarder sans ressentir du dégoût, sans être envahi par le regret.’’ Chaque mot qu'il prononçait était comme un coup de poignard dans mon cœur déjà meurtri. Je pouvais sentir la douleur dans sa voix, son désespoir palpable dans chacun de ses gestes. Et même si je savais que j’étais responsable de cette souffrance, entendre ces paroles était une torture que je ne pouvais ignorer. Alors que nos regards se croisèrent une dernière fois, la vérité éclata au grand jour : nous étions à ce instant précis, étrangers l’un pour l’autre, perdus dans les décombres de mes actes. Il continua Claudio : Maîtresse, vraiment ? Qui donc ose évoquer ici la présence d'une maîtresse. Ah, cette jalousie qui te ronge, elle est si pathétique. Combien de fois t'ai-je suppliée de me faire confiance ? Je t'ai toujours prouvé que tu es la seule femme qui compte pour moi. C'est inutile, tout cela, absolument inutile. Après toutes ces années passées ensemble, tu n'as toujours pas foi en moi, Jeanne. Tu me déçois énormément, Jeanne.… Et pourtant je n'étais pas non plus la seule responsable. Je me devais de me défendre. J’ouvris alors la bouche. Moi : Alors, d'où sort cette femme, enceinte qui plus est ? Je rentre chez moi et je découvre une parfaite étrangère, vautrée sur mon canapé, prétendant être désormais la propriétaire. Tu ne vois pas de souci à cela ? Claudio : Cette femme enceinte, ainsi que tu la qualifies, est la fille que l'on t'a arrachée, cette fille dont tu m'as toujours parlée. Moi : Comment ?!’’ Je hurlai si fort que mes cris pourraient être entendus à des kilomètres à la ronde.
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