DÉLIVRANCE L’ombre ne bougeait toujours pas. Mais Mirabelle percevait confusément comme une sorte de changement, une imperceptible sensation dont elle commençait à peine à prendre conscience mais sans pouvoir vraiment la définir, une impression fugitive qui s’évanouissait à peine apparue, et qui réapparaissait sans prévenir dès qu’on n’y pensait plus. Louise s’était remise à son ordinateur avec détermination mais sans la moindre idée de ce qu’elle allait écrire. Elle savait pourtant ce qu’elle avait à dire. Elle savait ce qu’il y avait dans le coffre, ce qui devait en sortir. Elle pressentait que rien après ne serait plus comme avant. Ses lectures l’avaient prévenue : celui qui dit la vérité se condamne à la haine des autres. Elle hésitait encore. Ce n’était pas ce risque, négligeable,


