LOUISELa bâtarde Blanche n’avait eu que deux passions connues : les voyages et la musique classique. Elle avait fait son métier des premiers, et il subsistait de la seconde une collection impressionnante de cinq mille vinyles, plus quelques CD égarés, certains toujours emballés dans leur film protecteur, des cadeaux offerts par des analphabètes de l’oreille, insensibles à la chaleur naturelle des anciens 33 t quand le numérique ne restitue qu’une musique sans âme ni relief… C’est du moins ce qu’elle disait, quand on l’interrogeait sur l’absence de lecteur CD dans cette pièce de 20 mètres carrés toute entière dédiée à la musique. Sur les parois latérales, 30 mètres de rayonnages. Au fond, cinq fauteuils club, dont le sien, placé à égale distance des deux enceintes. Et la chaîne enfin, ache


