Le ressentiment

637 Mots
Matilda Comment ose-t-il me faire du mal ? Maman va être très déçue. Ce méchant Fabien va devoir payer pour ses méfaits. Pendant que mes parents discutaient, j'ai décidé de lui parler. « Pourquoi as-tu fait ça ? Réponds-moi, espèce d'enfoiré ! » « Ne crie pas, tu dois te ménager. » « Je te croyais normal. Mais tu es un raté. » « Grosse vache, j'ai demandé aux gars de te déshabiller. Ils ont failli vomir en voyant ton corps hideux. Tu as essayé de maigrir ? » m'a-t-il humiliée. Les larmes me sont montées aux yeux. De telles critiques sont trop blessantes pour une fille. J'ai toujours été complexée par mes cuisses. J'avais peur de me regarder dans le miroir, de peur d'y voir le moindre défaut. « Ça ne te regarde pas. » « Pourquoi tu pleures ? Matilda, je t'ai tant offensée ? On ne peut pas être offensée par la dure vérité ! » a-t-il ri. « Maintenant, maman va croire que je suis une prostituée ! C'est entièrement de ta faute. » « Quel dommage. Si tu te sens si mal, mange le gâteau, s****e. Je n'ai pas besoin d'une demi-sœur comme ça ! » Il m'a blessée. Je le déteste de tout mon cœur. Sur le chemin du retour, maman n'a pas dit un mot. J'ai beau essayer d'engager la conversation, elle m'ignore. À bout de patience, j'ai décidé de prendre les devants. « Maman ! Crois-moi. Je n'ai pas embrassé ces types. » « Je ne veux pas entendre tes excuses ! C'est entièrement de ma faute. Je t'ai mal élevée. » « Non ! Tout ça, c'est des mensonges. Tu es la meilleure des mamans. » « Matilda ! Au moins, tu comprends à quel point ça me fait mal ! Daniel est mon futur mari. Et il est sans doute contrarié par ton comportement », a-t-elle dit. Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas disputés comme ça. Je jure, je vais lui régler son compte, à ce gosse de riche ! Il a provoqué une dispute avec ma mère. À bout de nerfs, j'ai englouti une boîte de chocolats, puis j'ai trouvé des gaufres. Je n'ai pas l'intention de faire de régime. Oui, je suis grosse, mais ça ne me complexe pas. Je comptais manger deux sandwichs ce matin-là quand ma mère m'a fait remarquer mes kilos en trop. « Le porridge, c'est bien meilleur pour la santé. » « Maman, je n'ai pas le droit de manger mon plat préféré ? » « C'est ta vie. Sois grosse si tu veux », a-t-elle rétorqué sèchement. « Maman, je suis désolée. Tu veux que je parle à Daniel ? » « Il n'est pas idiot ; il a tout vu lui-même. Et toi, Matilda, tu n'as pas à me calmer », a-t-elle ajouté en se dépêchant d'aller travailler. Je n'avais vraiment pas envie d'aller à la fac. Là-bas, je serais de nouveau la cible des moqueries de mes camarades. Près des vestiaires, j'ai aperçu mon meilleure amie. « Comment ça va ? » « Tout va mal. Maman et moi, on s'est disputés. Fabien m'a fait un coup bas. » « Qu'est-ce qu'il a encore fait, ce crétin ? » « Il a demandé à ses amis de me déshabiller et de me prendre en photo. » « C'est un s****d ! Il n'a pas le droit de faire ça ! » s'est exclamé ma copine. Et voilà le beau gosse de la fac, en train d'embrasser sa fiancée. « Fabien ! C'est qui cette grosse vache ? » « Matilda. Elle vole des bonbons à la cafétéria », a-t-il ri. Maintenant, j'ai compris une chose. Je ne le laisserai plus m'humilier. J'ai décidé de me mettre au régime et de prouver ma valeur à ce s****d.
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