-Lianne, descend.
Elle sortit de ses pensées douloureuses, et traverça en vitesse la porte de sa chambre. Elle se rendit dans le salon pensant l'y trouver, mais il n'y était pas. Elle se rendt donc à la cuisine, et l'y trouva, deux assietes en mains. Comme pour la punir de l'avoir privé de son dû, son ventre émis un bruit gênant. Lianne évita le regard de son frère et regarda le sol d'un air angoissé.
-Mange, ordonna-t-il en lui tendant le plat qu'elle s'empressa de prendre en rougissant.
Elle n'arrivait pas à croire qu'il ai cuisiné pour elle. Elle se retenait de se jeter dans ses bras, tellement elle était heureuse.
-Merci !
-Mange, répliqua-t-il sans la regarder.
-Oui.
Elle sassis sur l'un des tabourets de la pièce, et attendit qu'il la rejoigne.
-Mange j'ai dit ! s'écria-t-il.
Elle surssauta en levant la tête vers lui. Son cœur se pressa, car il lui avait crié dessus il y avait bien longtemps.
-Oui...
Elle piqua dans les légumes et mâcha avidement. Elle évita de croiser son regard qu'elle sentait sans peine sur elle.
Quand il se dirigea vers la sortie, elle se retint de le supplier de rester avec elle, de lui tenir compagnie pour une fois. Mais elle ne dis rien, et continua de manger.
Une fois finis, elle lava l'assiette avant d'aller à la recherche de son frère. Elle le vit dans le salon. Il était dos à elle, assis dans le fauteuil. Marquant un temps d'arrêt, elle s'adossa contre le mur à côté d'elle, observant ses larges épaules qui dépassaient du fauteuil, et sa crinière noir qu'il avait hérité de leur mère.
-Monte te coucher, demain tu te réveillera tôt pour faire le ménage.
Elle surssauta et se décola du mur ilico-presco.
-Oui, balbutia-t-elle en se dirigeant vers les escaliers, le cœur batant à tout rompre.
-Viens.
Lianne s'arrêta à la première marche, et se retourna d'un geste lent et mécanique vers lui.
-Approche, répéta-t-il sans se tourner vers elle.
Elle se dirigea vers lui, et une fois à sa face, remarqua qu'il avait les yeux fermer.
Il ouvrit les yeux et la leva vers elle. Mais il ne dis rien et se contenta de la fixer longtemps. Gênée, elle ne su trop quoi dire ou faire. C'était la première fois qu'il la regardait ainsi depuis de nombreuses années. C'était la première fois qu'il la regardait comme... un grand frère. Et cela la laissa sans voix. Une multitude de sentiment la traversait, elle était heureuse de revoir son frère, même si cela ne dura qu'un lapse de temps.
-Il y a garçon qui te cour après au lycée ?
Lianne resta bouche b pendant une bonne minute, ne s'attendant pas à cette question. Si un garçon lui courait après ? Pourquoi un garçon lui courait après ? se demanda-t-elle perplexe.
-Non. Non aucun, répondit-elle en rougissant.
-Et tu ne voudrais pas qu'un homme te courtise ?
Cette fois elle resta bien sans voix. Enfin, elle ne comprenait pas. Pourquoi lui demandait-il cela ? Qu'essayait-il de faire ? La caser avec quelqu'un ? Mais elle n'en avait pas envie ! Elle ne voulait pas que quelqu'un la courtise. Elle était bien comme ça.
-Non, répondit-elle d'une petite voix.
Son frère fronça les sourcil.
-Et pourquoi ?
Elle releva le regard vers lui, s'attendant à y voir une note de moquerie, mais non, pas du tout. Il était sérieux, très même. Et cela l'étonnait qu'il s'intéresse à ce genre de chose.
Mais «pourquoi?» ? Que pouvait-elle y répondre ? Qu'elle ne voulait pas d'un autre mec dans sa vie que lui et leur père ? Qu'elle était bien comme ça ? Qu'elle ne voulait pas d'un homme qui lui dirait aussi quoi faire comme son frère ? Oh, elle supportait que son frère la traite comme il le faisait, mais l'idée qu'un autre le fasse ne lui plaisait pas.
-Papa et toi me suffisez largement, finit-elle par répondre d'une voix à peine audible.
Il souffla et passa une main dans ses cheveux, avant de la regarder.
-Papa ne fait plus partie de ta vie il y a bien longtemps, lâcha-t-il en la regardant droit dans les yeux, lui lançant un message qu'elle ne connaissait que trop bien.
Lianne sentit son cœur se serrer à ces mots. Elle avait mal qu'il lui dise ça. Cruellement mal. Son père faisait toujours partie de sa vie. Même s'il était dans une situation délicate, elle savait qu'il pensait à elle tout les jours. Elle retint ses larmes, ne voulant pas se faire punir.
-Je...
Il secoua négativement la tête.
-Quelqu'un te plait ? Tu as le béguin pour un gar ? demanda t-il.
Elle secoua négativement la tête.
-Non, aucun.
-Tu es une femme, tu veux mourir sans connaitre les joies d'être amoureuse, d'être aimée ?
Son cœur se mit à battre la chamade, et elle secoua la tête négativement, se faisant violence pour ne pas laisser couler les larmes qui menaçaient. Lui l'aimait au paravent. Il l'aimait ! Et ce jour qui fut avait tout détruit ! Avait détruit sa vie, leur vie. Ce jour lui avait prit son frère, lui avait arraché son père ! Ils l'aimaient avant ! Et se jour les avait détruit !
-Tu veux pleurer ? demanda-t-il en encrant son regards au sien.
Elle avala sa salive de travers, et secoua la tête.
-N... non.
-Va te coucher.
Elle hocha la tête.
-Bonne nuit.
En se dirigeant vers les escaliers, elle entendis un faible : bonne nuit.
Une larme coula aussitôt, et elle gémis en s'enfuyant dans sa chambre. Elle se jeta sur le lit, et fit un effort pour arrêter les larmes, mais au lieu de ça, ils redoublaient. La porte s'ouvrit soudainement et elle surssauta en se tournant vivement vers celle-ci. Son cœur rata un battement, et elle se pinça les lèvres pour arrêter le flot de larme.
«Pleurer ne sert à rien ! Elles ne ramènerons pas ce que tu as perdue. Tais-toi !»
Et la lanière échouait sur sa peau nue.
«Sèche tes larmes tout de suite !»
De nouvelles douleurs saillaient sur sa peau échauffer.
«Je veux voir un visage sec. Sec ! »
Lianne se redressa en le voyant approcher, le cœur batant à tout rompre.
-Tu pleures ?
Elle secoua négativement la tête avec violence. Même si ses larmes redoublaient de flux encore et encore.
Il arriva à sa hauteur, et fit ceux à quoi elle n'aurait jamais penser.