– D’où vient-il ? Cette interrogation lui fut soufflée dans l’oreille par cette puissance qui n’est pas la conscience, qui n’est pas le démon, qui n’est pas l’ange ; mais qui voit, qui pressent, qui nous montre l’inconnu, qui fait croire à des êtres moraux, à des créatures nées dans notre cerveau, allant et venant, vivant dans la sphère invisible des idées. – D’où viens-tu donc, cher ange ? dit-elle à Calyste au-devant de qui elle descendit jusqu’au premier palier de l’escalier. Abd-el-Kader est presque fourbu, tu ne devais être qu’un instant dehors, et je t’attends depuis trois heures… – Allons, se dit Calyste qui faisait des progrès dans la dissimulation, je m’en tirerai par un cadeau. – Chère nourrice, répondit-il tout haut à sa femme en la prenant par la taille avec plus de câlinerie


