Le bonheur répandait son auréole sur le visage du candide Calyste, qui avoua son amour, et c’était tout ce que Conti voulait savoir. Il n’est pas d’homme au monde, quelque blasé, quelque dépravé qu’il puisse être, dont l’amour ne se rallume au moment où il le voit menacé par un rival. On veut bien quitter une femme, mais on ne veut pas être quitté par elle. Quand les amants en arrivent à cette extrémité, femmes et hommes s’efforcent de conserver la priorité, tant la blessure faite à l’amour-propre est profonde. Peut-être s’agit-il de tout ce qu’a créé la société dans ce sentiment qui tient bien moins à l’amour-propre qu’à la vie elle-même attaquée alors dans son avenir : il semble que l’on va perdre le capital et non la rente. Questionné, par l’artiste, Calyste raconta tout ce qui s’était


