II Dernières palpitations de la lampe sans huileUn jour Jean Valjean descendit son escalier, fit trois pas dans la rue, s’assit sur une borne, sur cette même borne où Gavroche, dans la nuit du 5 au 6 juin, l’avait trouvé songeant ; il resta là quelques minutes, puis remonta. Ce fut la dernière oscillation du pendule. Le lendemain, il ne sortit pas de chez lui. Le surlendemain, il ne sortit pas de son lit. Sa portière, qui lui apprêtait son maigre repas, quelques choux ou quelques pommes de terre avec un peu de lard, regarda dans l’assiette de terre brune et s’exclama : – Mais vous n’avez pas mangé hier, pauvre cher homme ! – Si fait, répondit Jean Valjean. – L’assiette est toute pleine. – Regardez le pot à l’eau. Il est vide. – Cela prouve que vous avez bu ; cela ne prouve pas que vo


