VIII Le pan de l’habit déchiréAu milieu de cet anéantissement, une main se posa sur son épaule, et une voix qui parlait bas lui dit : – Part à deux. Quelqu’un dans cette ombre ? Rien ne ressemble au rêve comme le désespoir, Jean Valjean crut rêver. Il n’avait point entendu de pas. Était-ce possible ? Il leva les yeux. Un homme était devant lui. Cet homme était vêtu d’une blouse ; il avait les pieds nus ; il tenait ses souliers dans sa main gauche ; il les avait évidemment ôtés pour pouvoir arriver jusqu’à Jean Valjean, sans qu’on l’entendît marcher. Jean Valjean n’eut pas un moment d’hésitation. Si imprévue que fût la rencontre, cet homme lui était connu. Cet homme était Thénardier. Quoique réveillé, pour ainsi dire, en sursaut, Jean Valjean, habitué aux alertes et aguerri aux coups i


