Le personnel administratif sortit tout d'abord de la salle. Et ensuite, c'était au tour des élèves de sortir mais chaque protégé ne devait pas perdre de vue son tuteur pour éviter des désagréments. Mais tous les enseignants partis, les adolescents libéraient peu à peu la salle mais cela à leur rythme bien-sûr. Bénédikte avait laissé Mial un instant pour aller à la rencontre d'une de ses amies. Mial resta toute seule à l'attendre. Mais à un moment donné, Mial perdit Bénédikte de vue. Elle se mit à marcher dans toute la salle dans l'espoir de retrouver sa tutrice. Ne la voyant pas dans la salle, elle décida d'aller voir à l'extérieur si Bénédikte y était. Une grande partie des élèves était encore dans la salle à discuter les uns avec les autres. Il y en avait plein qui se connaissaient depuis longtemps, bien avant d'intégrer la Royal Academy. Mais Mial ne connaissait personne mis à part Mohini. Mais encore, elle ne la connaissait que depuis quelques heures. Elle regardait donc attentivement les uns et les autres dans l'espoir d'apercevoir Mohini mais on aurait dit que Mohini n'était plus dans les alentours. En sortant de la salle, Mial heurta une jeune fille sans le faire exprès. Mais elle avait rattrapé le coup en rattrapant la jeune fille pour l'empêcher de tomber. Mial avait donc rattrapé la main de celle ci pour lui éviter une chute certaine.
- Veuillez s'il vous plaît pardonner ma maladresse, dit Mial aussitôt.
Mais la jeune fille n'avait malheureusement pas pris cet événement malencontreux pour un simple incident.
- Vous pouvez garder vos excuses pour vous, je suis sûre que c'est fait exprès, dit la jeune fille.
- Je suis vraiment désolée, je vous jure, j'en suis navrée, jamais je n'ai eu l'intention de vous faire du mal, répliqua Mial.
Mais la jeune fille ne voulait pas écouter ce que Mial avait à dire, sa réaction était prévisible car elle était en colère et Mial l'avait bien compris. Voilà pourquoi Mial n'avait plus rien dit du tout.
- Vous pouvez être fière de vous, vous avez ruiner ma chaussure, redit la demoiselle.
- Je suis vraiment navrée mademoiselle, redit Mial.
En effet, c'était le soulier de la demoiselle qui avait subit la conséquence de cette chute ratée.
- Je vous ai demandé de garder vos excuses pour vous. Quand on est maladroit, on se cache pour éviter de causer des incidents malencontreux comme celui là, s'exprima de nouveau la demoiselle.
Mais après avoir dit cela, la jeune femme s'en alla et laissa Mial placée là. Mial était choquée et se sentait coupable pour sa maladresse. C'était la toute première fois que quelqu'un lui parlait avec autant de dureté. Elle s'était tellement focalisée sur la recherche de sa tutrice qu'elle n'avait pas vu la demoiselle et l'avait heurtée. Mial n'était pas une personne maladroite au contraire, elle était bien trop posée pour cela mais hélas, l'erreur était belle et bien humaine. Ensuite, elle s'avança dans un coin sombre pour se mettre un peu à l'écart. Mial l'avait fait juste parce qu'elle voulait pleurer un bon coup car elle se sentait coupable. Elle n'avait même pas encore passée 24 heures dans cet endroit et déjà, elle s'était fait une ennemie. Les efforts de Bénédikte étaient tombés à l'eau car l'état d'esprit de sa protégée était retourné au point initial, elle se sentait mal, très mal et en plus,elle ne retrouvais pas sa tutrice. Mial pensait qu'elle était assez à l'ombre pour pouvoir pleurer tranquillement. Mais ce qu'elle ignorait, c'était qu'il y avait quelqu'un qui avait vu toute la scène et qui s'était permis de la suivre.
- Tu ne devrais pas te mettre dans cet état pour des broutilles tu sais. Je connais Victoria depuis des années et crois moi, elle s'enflamme très vite pour très peu mais ce n'est pas une mauvaise personne. Déclara la personne.
Surprise de savoir qu'elle était observée, Mial essuya ses larmes d'un geste très rapide et elle leva les yeux. Il y avait devant elle un garçon, c'était lui qui l'avait observé tout ce temps. Mial n'arrivait à rien dire car elle se sentait embarrassée d'avoir été vu dans cet état par quelqu'un. Ce garçon n'était ni plus ni moins que Albert de Belgique, prince de Belgique et élève en deuxième année à la Royal Academy. C'était un jeune homme assez posé et très beau physiquement. Sa chevelure blonde toujours bien coiffée et son sourire ravageur ne rendaient pas les jeunes filles indifférentes. Mais mis à part son physique, Albert était une belle personne, il était bienveillant. Au départ, il n'avait pas du tout eu l'intention d'espionner Mial mais la scène de tout à l'heure avait attiré son attention. Il avait vu Mial s'éclipser après et il s'était dit qu'il pouvais lui remonter le moral.
- C'est qui Victoria? Demanda Mial à son interlocuteur.
- C'est la fille de tout à l'heure, répondit il.
- Donc tu as tout vu? demanda Mial de nouveau.
- Oui et non. Oui j'ai tout vu et non car je peux prétendre le contraire si ça t'embarrasse. Dit Albert.
Il avait réussi à arracher un sourire à Mial. C'était peut-être un sourire timide mais ça en était un.
- Tu es incroyablement jolie quand tu souris, ne l'oublie jamais, redit Albert.
Après cette phrase, il laissa Mial et s'en alla. Ils ne s'étaient même pas présentés l'un à l'autre. Elle ne savait pas qui il était mais lui, il savait qui elle était car elle s'était présentée tout à l'heure devant tout le monde. Albert avait fait bonne impression à Mial et c'était la toute première fois que ça arrivait. Jamais encore un garçon n'avait été aussi aimable avec elle. Albert avait été d'excellente compagnie même si ça n'avait été que le temps d'un court instant. Mial regardait Albert partir et Dieu seul sait à quel point elle désirait le suivre pour lui demander son nom. Mais elle ne l'avait pas fait pour une raison qu'elle même ignorait. Elle sortit finalement de l'ombre et continua ses recherches. Mais pendant qu'elle cherchait Bénédikte, elle la retrouva, ou du moins, elles se retrouvèrent.
- Mial tu es là ! je t'ai cherché partout, dit Bénédikte.
- Ironie du sort car moi aussi je t'ai cherché partout.
- Pardon de t'avoir laissé seule, j'espère que tu ne t'ai pas ennuyée sans moi. Redit Bénédikte à Mial.
- Rien de bien grave, mais j'ai eu un petit soucis avec une fille.
- Mais tu a les enflés ! As tu pleuré ? Était ce parce que tu ne me retrouvais pas?
- Mais non, je n'ai pas pleurer.
- Raconte moi tout alors.
C'est sur le chemin de retour au dortoir que Mial raconta ce qui lui était arrivé quelques instants plus tôt. Mial avait bien-sûr parlé à Bénédikte du fameux garçon mais Bénédikte n'avait pas capté qu'il s'agissait en fait d'Albert, son camarade de classe. En effet, Bénédikte connaissait très bien Albert car ils étaient tous les deux en deuxième année. Les filles arrivèrent dans leur dortoir et rejoignirent aussitôt leur chambre. Déjà dans leur chambre, les filles virent que les domestiques s'étaient occupées de ranger leurs uniformes respectifs dans leurs placards. Pour chaque nouvelle année académique, chaque étudiant avait droit à cinq nouveaux uniformes et c'était au domestiques de se charger de les ranger dans chaque placard et cela, chaque année pendant que les étudiants se trouvaient à la cérémonie. Pour les filles, l'uniforme était constitué d'une jupe, d'un débardeur, d'une veste, tous les trois de couleur bleu royal, d'une chemise bleue ciel et d'une cravate rouge. Tandis que les garçons avaient droit à des pantalons de même couleur que les jupes des demoiselles. Comme petit plus à l'uniforme, chacun des étudiants avait l'obligation de porter une marque emblématique de son pays sur sa veste. Et donc, l'organisation avait décidé que comme marque, chacun avait le sceau de sa nation brodé sur sa veste. Ce geste n'avait pas été mis en place dans le but de diviser non, mais cela était fait ainsi pour que les étudiants se souviennent à chaque fois qu'ils représentent chacun son royaume. Au final, c'était le but principal de l'académie. Elle avait pour mission de responsabiliser les princes et princesses et de leur faire comprendre qu'ils étaient appelés à représenter leurs pays partout où ils se trouveraient dans le monde. Les deux jeunes filles étaient fatiguées. Elles avaient toutes les deux besoin de repos car la journée qui suivrait s'annonçait très intense. Bénédikte était comme un bébé. Il suffisait qu'elle pose sa tête sur un oreiller pour qu'elle se laisse emporter par le sommeil. Elle était tout le contraire de Mial. Mial n'avait pas le sommeil facile mais cette situation empirait à chaque fois qu'elle avait quelque chose en tête. Si elle se sentait stressée, triste, joyeuse ou même confuse, elle avait encore plus de peine à s'en dormir la nuit. Cette nuit là, alors que Bénédikte était déjà dans le pays des rêves, Mial était pensive. Elle repensait aux événements de tout à l'heure. L'incident avec Victoria ne l'ennuyait plus autant qu'avant. Elle n'arrivait pas à s'endormir car elle était confuse. Elle ne cessait de penser au garçon de tout à l'heure. Il lui avait dit qu'elle était jolie et cette phrase avait eu plus d'effet que prévu sur elle. Jamais encore un garçon ne lui avait dit qu'elle était jolie auparavant. De plus, c'était un charmant jeune homme. Elle rêvassait et ne cessait de s'en vouloir de n'avoir pas demander son nom à ce charmant jeune homme. Mial pensait aussi au lendemain car cette journée marquerait le début de toute activité. Elle se demandait comment elle ferait si elle rencontrait une fois de plus cette Victoria. Mais elle se dit finalement qu'il était préférable de ne pas penser à cela. Et s'il arrivait qu'elle l'aperçoive, Mial avait prévu de s'éclipser. De l'autre côté, dans le dortoir de garçon, Albert ne cessait de penser à la jeune fille de tout à l'heure. Il la trouvait tout simplement authentique. Mais pendant qu'il était perdu dans ses pensées, son protégé le remarqua. En effet, puisqu'Albert était en deuxième année, il était lui aussi tuteur d'un petit nouveau, et c'était Dipangkom Rama Ramijati, prince de Thaïlande qui avait eu le privilège d'être le protégé de celui ci.
- À quoi penses tu cher tuteur? Ne me dis pas que tu as la frousse du premier jour car si je ne m'a***e, je suis celui qui devrait avoir des appréhensions. Dit Dipangkom à Albert.
- Petit malin! je n'ai pas la frousse du premier jour, sois sans crainte.
- Alors, je suis certain que c'est une fille.
- Dipang, je pense qu'il est l'heure pour nous de nous coucher. Tu verras, demain sera le jour le plus éprouvant de ta petite vie.
Albert trouvait le prénom de son protégé assez long et donc, il l'appelait Dipang. Ce qui tombait très bien car d'après Dipangkom, c'était comme cela que l'appelaient tous ses amis.
- Si tu m'en parles, alors tu seras soulagé. Je sais bien que tu penses à une fille car ça me fait le même effet d'habitude.
Dipangkom était très ouvert d'esprit, un peu trop pour son âge. Ce qui faisait sa particularité était l'attention qu'il portait aux autres. C'était un jeune homme très attentionné, il tenait cela de sa mère.
- Et bien, tout à l'heure quand je t'ai demandé de ne pas m'attendre, c'était pour parler à une jeune fille. Il y avait ce truc en elle qui me poussait à aller vers elle. Je suis confus car c'est bien la première fois que je porte tant d'intérêt à une jeune fille et en si peu de temps.
- Ma mère dit que l'amour nous tombe toujours dessus quand on s'y attend le moins et que la plus grande erreur qu'on puisse faire est de chercher une explication à cela. Mon ami, je suis sûr que tu es amoureux de la demoiselle.
- Cesse de dire des bêtises et dort.
- Je t'aime bien aussi Albert.
Les jeunes hommes se couchèrent chacun dans son lit mais ils faisaient tout sauf dormir. Albert pensait à Mial et Dipang écoutait de la musique. Le lendemain promettait d'être une journée pleine de surprises.