Chapitre 9. Un peu de brume Du premier hiver, je ne m’en étais quasi point aperçu, parmi les distractions des voyages et dans l’ivresse de ma nouvelle liberté. Le second hiver me surprenait à présent déjà un peu las, comme j’ai dit, de mon vagabondage et décidé à m’imposer un frein. Et je m’apercevais qu’il y avait de la brume et qu’il faisait froid. « Tu voudrais peut-être, me gourmandais-je, que le ciel fût toujours serein pour que tu pusses jouir sans nuages de ta liberté ? » Je m’étais assez amusé, en courant de-ci de-là : Adrien Weis avait eu, cette année-là, sa jeunesse étourdie ; à présent, il fallait qu’il devînt un homme, se recueillît en lui-même, se formât un genre de vie calme et modeste. Je me mis à chercher dans quelle ville il me conviendrait de fixer ma demeure, car je


