La petite Adrienne était pieuse. Je m’en aperçus dès les premiers jours, grâce à un bénitier de verre bleu pendu au mur au-dessus de la table de nuit, à côté de mon lit. Je m’étais couché la cigarette à la bouche, et je m’étais mis à lire un des livres de Paleari ; distrait, j’avais ensuite posé le bout de ma cigarette dans ce bénitier. Le lendemain, celui-ci n’y était plus. Sur la table de nuit, en revanche, était un cendrier. Je lui demandai si c’était elle qui l’avait enlevé du mur, et, elle, en rougissant légèrement, me répondit : — Excusez-moi, il m’a semblé que vous aviez plutôt besoin d’un cendrier. — Mais est-ce qu’il y avait de l’eau bénite dans le bénitier ? — Il y en avait. Nous avons en face d’ici l’église Saint-Roch. Et elle s’en alla. Elle voulait donc me sanctifier, cett


