– Et si je vous refusais cet argent ?… – Je vous connais assez, monsieur, pour savoir que vous ne le ferez pas. Vous êtes trop juste pour vouloir que j’expie seul des torts qui ne sont pas les miens. Livré à moi-même, j’aurais, à l’âge que j’ai, une position. Il est tard pour m’en créer une. J’y tâcherai pourtant… – Superbe, interrompit le comte, il est superbe. Jamais on n’a ouï parler d’un pareil héros de roman… Quel caractère ! C’est du Romain tout pur, du Spartiate endurci. C’est beau comme toute l’antiquité. Cependant, dites-moi, qu’attendez-vous de ce surprenant désintéressement ? – Rien, monsieur. Le comte haussa les épaules en regardant ironiquement son fils. – La compensation est mince, fit-il. Est-ce à moi que vous pensez faire accroire cela ? Non, monsieur, on ne commet pas


