– Ne croyez pas, Boris, que ce soit par caprice... Aujourd’hui comme toujours, je serais trop heureuse de vous faire plaisir. Mais permettez-moi de ne pas chanter ce soir... – Voyons, ma chérie, je plaisantais ! Capricieuse, toi ? Non, je sais que ce défaut n’est pas le tien... Tu chanteras quand tu voudras, mon Any. Il levait la tête pour la regarder, avec une chaude tendresse, en prenant entre ses doigts la délicate petite main qui reposait sur son épaule. Aniouta, rougissante, ne détournait pas ses beaux yeux, un peu humides. Il demanda, d’un ton bas et inquiet : – Tu pleures ?... Qu’as-tu donc, ma petite colombe ? Les lèvres pourpres frémirent, sans répondre, et Aniouta fit un mouvement pour s’écarter. Mais Boris la retint d’une main autoritaire. – Qu’as-tu ? Dis-le-moi, Aniouta !


