XX Jacques Moal coupa le moteur du tracteur qui s’ébroua de toute sa ferraille et sauta hors de la cabine. Ses bottes s’enfoncèrent dans la terre grasse, ramollie par la pluie, incessante depuis plus de deux heures. L’accalmie tombait à point nommé, le décidant à faire une pause. Vu l’aspect chargé du ciel, il valait mieux en profiter. Cette providence serait de courte durée. Il regarda vers l’est, dans la direction opposée à la petite route communale qui longeait le champ ceint de talus herbus. Il pouvait entrevoir, à environ cinq cents mètres, dépassant d’un bosquet, les toits métalliques de la ferme familiale où son père était parti au volant de la camionnette. Il grimpa sur le marchepied de l’engin libérant des relents de gazole, glissa sa main calleuse derrière le siège d’où il déc


