Les gardes du corpsIls remontent la rue principale de Portomarin, tête rasée, tee-shirt gris et short beige, on les remarque comme deux mouches dans une tasse de lait. Tranchant de la cohorte des pèlerins, échevelés, barbus, aux tenues baba cools fripées, traînant les pieds dans des savates béantes, les deux costauds dépassent la foule d’une bonne tête. L’un est un blanc, à la peau criblée de taches de rousseur, l’autre noir comme l’ébène rappelle le joueur de basket type américain. Américains de la tête aux pieds, militaires de la jugulaire à la couture du short, ils ne renient en rien leurs origines, et ne veulent surtout pas qu’on les confonde avec des Latinos. Compte tenu de leur emploi, on aurait pu s’attendre à ce qu’ils rasent les murs… pourtant, au contraire, les voilà qui marchen


