BotafumeiroDebout contre la colonne, il ne peut guère bouger tant la foule est compacte. Vidé, lessivé, le vague à l’âme, il contemple, hébété, cette foule bariolée qui est assise là, sur les bancs de la cathédrale de Santiago. Nul pèlerin parmi elle, que des touristes, arrivés tôt ce matin pour ne pas rater la messe de onze heures des pèlerins, celle où le fameux et fumeux botafumeiro est mis en action. Cet énorme encensoir, quand il est actionné, balaie le transept de la cathédrale. Une messe des pèlerins, sans pèlerins ? Bien sûr que non… mais où sont-ils alors ? Ils sont comme lui : debout dans les allées, derrière les piliers, tassés près des portes. Certains se tiennent crispés sur leur bâton, somnolant, d’autres s’appuient aux murs, tandis qu’une grosse majorité déambule… car march


