Chapitre 11 : Les Compliments de Kenzo

1627 Mots
"Je n'arrive pas à croire que tout ce que tu manges maintenant, c'est de la salade." a dit Eric. Nous venons de nous asseoir dehors. Il fait beau aujourd'hui. Pas trop chaud, pas trop froid. Le ciel est dégagé, et l'ombre est agréable. Ugh, j'adore l'été. "Qu'est-ce que ça veut dire ?" ai-je demandé en riant. Je sais ce qu'il veut dire. Je ne me souciais jamais de ce que je mangeais. Mes déjeuners consistaient en hamburgers, frites, pizza. Tous ces trucs qui ne sont pas bons pour toi. Maintenant, je me concentre davantage sur les protéines et les légumes verts. Eric a ri en secouant la tête. "Je ne te vois tout simplement plus apprécier un bon hamburger juteux ces jours-ci." Il a taquiné. J'ai haussé les épaules en fourrant une bouchée de ma salade césar dans ma bouche. "Je garde ce genre de choses pour le dîner maintenant. Je fais attention à ma consommation." ai-je répondu. "Au moins, tu n'es pas comme ces autres filles ici qui ne mangent qu'un cube de fromage par jour." Eric a ri. Je riais aussi. C'est tellement vrai. Je me souviens les avoir entendues chuchoter à mon sujet avant que je ne perde tout ce poids. Une femme qui ne travaille plus ici est venue me dire qu'elle ne mange qu'une poignée de raisins par jour et qu'elle boit des shakes protéinés toute la journée. Elle a dit que je pourrais vouloir des conseils de sa part. Incroyable, je sais. J'ai perdu beaucoup de poids, mais je l'ai fait de la bonne manière. Je m'assure toujours de bien manger au moins. Je n'essayais pas d'être une taille 0, je voulais juste perdre un peu de poids. Aller à la salle de sport est devenu un moyen de sortir de ma propre tête. C'est vraiment la seule raison pour laquelle j'ai perdu autant. Cependant, je ne mange toujours pas autant qu'avant. J'essaie de rester à l'écart des glucides maintenant, mais parfois, je craque. Je m'aime toujours après tout. "Alors, comment c'est de travailler pour M. Suzuki ?" a demandé Eric en me tirant de mes pensées. J'ai haussé les épaules. "Ça va. Je veux dire, ça ne fait que quelques heures, et il a passé la plupart du temps en réunion avec M. Rossi." lui ai-je dit. "Eh bien, fais juste attention à lui. Je détesterais qu'il te drague et te mette mal à l'aise." a dit Eric. Je lui ai lancé un regard ennuyé. Ce à quoi il a fait semblant de ne pas remarquer. Comme si Eric ne m'avait pas demandé de sortir avec lui à plusieurs reprises. Ce qui ne me met pas mal à l'aise, car ce n'est pas le cas. "Je doute que cela arrive." ai-je murmuré. Le reste de notre déjeuner s'est bien passé. Eric et moi avons parlé de quelques nouveaux films qui sortent. Je lui ai dit que je viendrais seulement si mes autres amis pouvaient venir. Le pauvre gars ne lâche pas prise. Eric m'a raccompagnée à mon bureau, puis est parti. Kenzo n'est pas encore revenu, alors je me suis assise pour passer en revue son emploi du temps pour la centième fois. Je n'arrive pas à me concentrer pourtant. Mon esprit est trop absorbé par les événements des dernières semaines. Je pense toujours à ce magasin, enfin, club je suppose. Je me demande à quelle fréquence Kenzo et Beck y vont. Que font-ils même là-bas ? Ils doivent être des Doms avec la façon dont ils me disent qu'ils aiment être appelés maître. Je ne sais pas grand-chose sur ce mode de vie, mais j'aime bien lire à ce sujet. C'est un peu difficile d'accepter que mon patron s'intéresse à ça. Peut-être devrais-je m'y intéresser davantage. Non ! Qu'est-ce que je suis en train de penser ? Kenzo est mon patron. Mon patron. L'homme qui signe mes chèques de paie. Je ne peux pas vraiment envisager de le rejoindre dans ce mode de vie. Qu'est-ce qui me fait penser qu'il voudrait même de moi au départ ? Ce n'est pas comme s'il m'avait vraiment touchée cette nuit-là. Kenzo savait à quel point j'étais humide, il l'a ressenti. Pourtant, il m'a juste fait sortir de là et m'a renvoyée chez moi. Depuis, je me demande chaque jour si c'était parce qu'il était un gars sympa, ou s'il n'était tout simplement pas intéressé par moi. Je devrais probablement arrêter d'avoir ces pensées sur mon patron. Ce qui est triste, parce que je pense à ce visage séduisant chaque jour depuis que je l'ai rencontré pour la première fois. Pas que cela arriverait de toute façon. Kenzo est bien au-dessus de ma portée. Pas seulement à cause de son apparence, mais aussi à cause de son statut maintenant. Je dois juste continuer à me dire que je ne suis que sa secrétaire. "Bon après-midi Opal." Je levais les yeux de mon ordinateur pour voir Kenzo entrer par la porte. Sa façon de marcher laisse penser qu'il possède les lieux. Eh bien... c'est le cas, mais c'est tout de même un type de confiance que je trouve admirable. "Bon après-midi Monsieur Suzuki. Es-tu prêt pour ta réunion avec le département de la publicité ?" lui ai-je demandé. Kenzo s'est dirigé vers la porte de son bureau, mais s'arrêtait pour me regarder. "Merde. J'ai complètement oublié ça." a-t-il murmuré. "Oh, je suis désolée monsieur. Veux-tu que je passe en revue ton emploi du temps chaque matin pour mieux te préparer ? Je peux appeler le responsable du service pub et lui dire que je suis nouvelle et que j'aimerais avoir plus d'informations. Ainsi, tu pourras mieux comprendre ce qui t'attend ?" ai-je demandé. Kenzo m'a regardée simplement pendant que je parlais. Ses yeux noirs me fixaient intensément. Zut, il doit toujours me regarder comme ça ? On dirait qu'il est sur le point de m'attaquer. Pourquoi est-ce que je m'excite pour ça ? "Euh... euhm, je, euh, je peux f-f-faire ce que tu préfères, monsieur." ai-je balbutié. Mon Dieu, je sonne comme un p****n d'idiot. Kenzo secouait la tête. "Je pense que passer en revue mon emploi du temps quotidien le matin est une bonne idée. Vas-y, appelle Aaron du service pub. Demande-lui de quoi il s'agit exactement cette réunion." a-t-il répondu enfin. "Compris." ai-je répondu en me retournant vers mon téléphone. "Oh, et Opal." Je me suis retournée vers ces yeux noir intense. "J'apprécie que tu fasses preuve d'initiative. Continue comme ça." a dit Kenzo. "M-merci monsieur." ai-je répondu en rougissant. Kenzo m'a fait un signe de tête et entrait dans son bureau. Mon Dieu. Pourquoi est-ce que je rougissais autant ? Tout ce qu'il a fait, c'est me faire un compliment. Je me sens tellement... remarquée et heureuse. Kenzo m'a dit qu'il m'apprécie. Peut-être qu'il me dira que j'ai bien travaillé si je fais suffisamment d'efforts. Je ne suis pas sûre des rumeurs qu'Eric a entendues, ou de ce qu'ils disent sur Monsieur Suzuki, mais... Jusqu'à présent, il semble être un homme gentil. Je suis sûre que son travail est stressant. Kenzo a probablement ses jours, tout comme tout autre être humain. Peut-être que je devrais remettre Eric à sa place. J'ai appelé Aaron Barr, le responsable de la publicité. Il a été très gentil lorsque je lui ai expliqué que je suis nouvelle et que j'aimerais avoir plus d'informations. Nous avons discuté un peu, et je lui ai dit de s'attendre à recevoir plus d'appels de ma part à l'avenir avant les réunions. Kenzo m'a dit de continuer comme ça, et j'ai l'intention de le faire. Si M. Suzuki voulait que je sois sa secrétaire, je vais être la meilleure secrétaire qu'il ait jamais eu. Si bonne qu'il me fera des éloges encore et encore. Si ça me procure ce petit frisson dans le ventre chaque fois que je l'entends me complimenter, alors je travaillerai plus dur. De plus, je devrais probablement donner à Kenzo le même traitement que j'ai donné à Ted. Faciliter leur travail rend l'entreprise plus efficace. Et je veux que l'entreprise réussisse dans tous les aspects. Je regarde l'heure sur mon ordinateur. 12 h 45. La réunion commence bientôt, et elle se tient au sous-sol dans une salle de conférence au troisième étage. Je devrais probablement aller chercher Kenzo maintenant. J'ai frappé à la porte du bureau de Kenzo. "Entrez." Venait sa voix profonde. J'ai pris une profonde inspiration et ouvrais la porte. Les yeux noirs de Kenzo se croisaient avec les miens, bleus. Mon souffle s'est coupé dans ma gorge. "Euh, M. Suzuki, es-tu prêt pour la réunion ?" ai-je demandé. Kenzo s'est levé et attrapait sa veste. "M. Barr m'a dit qu'ils allaient te présenter de nouvelles publicités aujourd'hui. Ils en ont cinq au total et ont besoin que tu en choisisses au moins deux. Ce sera M. Barr et quelques autres responsables de département. Évidemment, ton avis compte, mais M. Barr et M. Rossi ont pensé qu'il était préférable d'obtenir plusieurs points de vue." lui ai-je dit. Kenzo m'a fait un signe de tête en se dirigeant vers sa porte. Je me suis décalée sur le côté pour le laissez-passer. Kenzo tournait son corps vers moi en sortant. Il avait largement la place de ne pas tourner ni de me toucher. Pourtant, son corps chaud et dur frôlait le mien en passant. Mes yeux ont papillonné et mes tétons se durcissaient instantanément. Je n'ai jamais eu une telle réaction instantanée envers quelqu'un de ma vie. Je dois me reprendre. Je fermais la porte du bureau de Kenzo et retournais à mon bureau. Juste avant que je ne sois sur le point de m'asseoir, la voix profonde de Kenzo a atteint mes oreilles. "Que fais-tu ? Tu viens avec moi." Je... vais avec lui ?
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