XXXVendredi 26 avril. Les premières heures de sommeil passées dans mon logis solitaire, j’entrevois un rayon de lune qui m’arrive librement du ciel, entre les battants disjoints de ma porte de cèdre ; puis dans le lointain de la nuit sonore, j’entends psalmodier, psalmodier, toujours à pleine voix aiguë et triste, des cris de foi ardente, des plaintes chantées qui sont comme l’expression de tout notre néant terrestre ; il est deux heures du matin, et c’est la première prière de ce nouveau jour, que l’éternel soleil va revenir éclairer bientôt. C’est comme un immense cantique à Allah, cantique de rêve, tantôt exalté, tantôt lent et plaintif ; et lugubre toujours, lugubre à faire frémir, les mouedzens ayant, comme les musettes arabes, emprunté aux chacals un peu du timbre de leur voix… Lon


