Alter egoDe l’entrée de la Foire du livre, je la contemplais. Entre deux palissades de livres, elle semblait à l’abri du serpent de ses fidèles glissant patiemment vers elle. De temps à autre, son visage jaillissait entre deux silhouettes, plongeait sous la masse noire de ses cheveux pour signer une dédicace, puis remontait, souriant, vers son interlocuteur. Comment pouvait-elle être si aimable, bavarder si facilement avec des étrangers ? Surtout par cette chaleur accablante. Nous nous sommes connus à cette Foire il y a six ans. Assis côte à côte, nous distribuions allègrement notre signature à nos nombreux admirateurs. Promus écrivains par la grâce d’un premier roman, nous savourions jusqu’à l’ivresse notre succès qui augurait bien de la carrière de deux jeunes talents prometteurs, disai


