Jabana, avril 1994

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Jabana, avril 1994Allongé dans le noir sur sa natte en ubukangaga, Kampire ne dort plus. Il est très tôt pourtant, mais à septante ans bien sonnés, le sommeil devient capricieux. Et puis, malgré son tempérament paisible, il ne peut toujours pas faire barrage à ce flot de souvenirs qui le submerge. Il porte son regard devant lui. Il ne distingue pas encore le carré que dessinent chaque matin les premières lueurs de l’aube au travers de l’unique fenêtre de la pièce qui lui sert à la fois de chambre à coucher et de salle de séjour. Les chants des coqs, égarés dans la nature, sont les prémices au lever du soleil. Il s’assied, tend la main, tâtonne sur sa droite : « Dieu, comment est-il possible d’être bête à ce point ? » Kakuze, sa femme, n’est plus à ses côtés. Il le sait et pourtant, chaque

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