Quand on est deux…Je n’avais pas fait grand-chose pour mériter un tel présent. Au détour du sentier qui m’emmenait discrètement et confortablement sur son tapis d’aiguilles, feuilles sèches et mousse, jusqu’à l’orée du bois – plus exactement au seuil de la grande clairière – un spectacle fabuleux m’attendait, émerveilleux. C’était un superbe gagnage ouvert comme un coffre de pirate sur une extravagance de diamants : le jeune soleil humait la rosée de l’aube dont chaque goutte scintillait, accrochée à la graminée qu’elle faisait fléchir sous son carat de lumière. L’autre lisière somnolait encore dans l’ombre pour d’ultimes minutes, et les buissons de sureaux, fusains, touffes de framboisiers, quadrillaient le jour matinal en un mouvant damier, alternance de mystère et clarté. Peu ou pas


