Une si longue absenceDéjà, durant mes premières années de pensionnat, vos lettres me parvenaient fidèlement. Une semaine sans ces nouvelles réconfortantes et ma solitude eût été insupportable. Le surveillant en faisait la distribution au réfectoire, table par table, et je m’empressais de parcourir vos lignes, la feuille dépliée sur mes genoux, en prenant garde qu’aucun de mes voisins ne m’en dérobe un seul mot. Je lisais et relisais vos mots porteurs de tendresse et d’affection, je revivais avec vous le moment que vous aviez passé à m’écrire, un dimanche soir sans doute, quand la maisonnée était endormie. Vous deviez être fatiguée pourtant, mais vous saviez l’importance de ce geste pour le petit garçon que j’étais, éloigné du foyer familial. Alors, votre fatigue ne comptait plus et s’effa


