Le courant passe !

1530 Mots
Il s’était fait beau. Il se changea plusieurs fois, doutant de sa tenue vestimentaire. Après maintes reprises, il se décida finalement. Il enfila une chemise hawaïenne fleurie sur un pantalon. Il sortit la voiture et prit la route pour se diriger chez Blandine. En suivant les instructions du GPS, il réussit à retrouver la maison sans se perdre. C’était également une très belle construction. Waouh disait-il, admiratif. Il se rendait compte qu’elle aussi était issue d’une famille bourgeoise et que la voiture ne devrait pas l’impressionner comme il le craignait. Je me faisais donc du souci pour rien. Il se gara et téléphona à Blandine. - Allô Diego, tu es déjà là ? demanda-t-elle après avoir décroché. - Hey Blandine. Oui, enfin je crois bien. Si mon GPS ne m’a pas joué un mauvais tour bien sûr. - Un instant, je sors vérifier. - D’accord. Elle s’empressa de finir de s’habiller et sortit. Elle ne savait pas de quel côté il se trouvait, elle ne voyait personne. Elle le rappela pour demander. - Ce n’est pas drôle, je suis dehors et même pas une once de ta présence disait-elle, embarrassée. - Mais je suis là aussi et je ne te vois pas répondit-il, confus. Il s’aperçut qu’il y avait quelqu’un debout dans la rue. Oups, attends. On dirait que je me suis arrêté devant la mauvaise maison. Je m’avance un peu. - D’accord répliqua-t-elle en lançant un regard vers l’arrière pour vérifier, puisqu’il n’y avait aucun mouvement devant. Quelques secondes après, à quelques mètres de là où il s’était garé précédemment, se trouvait Blandine. C’était une belle construction mais moins imposante que la précédente. De toutes les façons, il se trouvait dans un quartier huppé. Il descendit de la voiture et s’excusa. - Je suis vraiment désolé, je me suis arrêté là-bas parce que le GPS l’a indiqué s’excusa-t-il. - Oh non, tu n’as pas à t’en faire. Ce n’est pas de ta faute. On a pris un peu de retard non ? interrogea-t-elle. - Non, pas si nous y allons maintenant répondit-il en lui ouvrant la portière du véhicule. En plus, il est galant se dit-elle tout bas. - Merci, c’est gentil ! dit-elle en sautant dans la voiture. Il referma la portière et contourna pour s’asseoir également. Il marquait des points et il le savait. Il lâcha un petit sourire de satisfaction et monta dans la voiture à son tour. - Tu as mis ta ceinture ? demanda-t-il avant de démarrer. Elle mit la ceinture et il démarra. Il roulait pendant une trentaine de minute à cause du trafic, peu fluide. Ils discutèrent de tout et de rien en chemin. Il balançait des blagues et elle éclatait de rire. Ils ne se privèrent pas de se raconter des choses sur eux-mêmes pour faire plus connaissance. Il s’arrêta finalement devant la salle de cinéma. Il y avait une queue non négligeable alors que la projection devrait commencer dans une quinzaine de minutes. - Nous sommes venus un peu en retard non ? On risque de rater le début avec cette file d’attente exprima Blandine, craignant qu’ils ne réussissent pas à rentrer dans la salle avant le début de la projection. - On ne va rater aucune minute du film, je peux te le promettre lui assura Diego. Elle s’étonnait de la certitude avec laquelle Diego venait de parler. Ils revenaient du parking et devraient encore se mettre dans la queue. D’où pouvait lui venir cette assurance ? Blandine se questionnait mais ne se priva pas de pousser sa réflexion plus loin en lui posant la question. - Mais d’où te vient cette assurance ? Tu vois la file d’attente ? interrogea-t-elle. - Ne doute pas de moi. C’est tout ce que je peux te donner comme réponse. J’ai dit qu’on ne ratera aucune minute, on ne ratera aucune minute. Il avait parlé avec assurance et autorité, cela plaisait encore plus à Blandine. Un homme qui est sûr de lui, il n’y a rien de plus charmant se disait-elle. Ils marchaient en direction de l’entrée et au lieu de se mettre en rang comme tout le monde, Diego se dirigea directement vers le guichet. - Bonsoir Diego, Bienvenu ! lui disait un adolescent, de son âge presque. - Bonsoir Mike répondit-il. En voyant la manière dont Mike se comportait avec Diego, Blandine venait de tout comprendre, ou du moins ce qu’elle pensait comprendre. Pour elle, Diego et Mike sont amis et il le laissera passer avant les autres par faveur. Sauf que non, Diego avait un abonnement premium et avait droit à des avantages, des privilèges. Mieux, il avait pris deux tickets réservation, qui lui donnait un accès direct sans passer par la file d’attente. - Ta carte s’il te plaît demandait à voir, Mike. Il s’agissait de faire passer la carte dans la machine pour faire valider l’accès et marquer des points de présence. - Non, je ne veux pas utiliser ma carte ce soir. J’ai deux billets de réservation répliqua-t-il en lui tendant les deux billets. - Okay, d’accord dit-il en vérifiant les billets. Il les laissa passer et leur souhaita un bon film. Ça passe, continua-t-il. Passez un bon moment. - Merci Mike. Ils se dirigèrent vers leur siège à l’intérieur de la salle. - Tu ne pouvais pas me dire que tu avais des billets de réservations ? demanda-t-elle. - A quoi ça aurait servi ? J’ai fait une promesse et je l’ai tenue. C’est ce qui compte répondit-il avec prétention. - Ouais, c’est ça. Il faut bien faire ton malin. Ils trouvèrent les numéros de siège qui leur était réservé. Diego la laissait s’asseoir en premier et s’assit après. Il restait deux minutes avant le début de la projection. Les lumières devraient être éteintes d’ici là. - Oups, j’ai complètement zappé s’exprima subitement Diego. - Tu as oublié quoi ? interrogea Blandine, surprise de sa réaction. - De prendre des popcorns, j’ai oublié de prendre des popcorns répondit-il. Un instant, j’irai en prendre. - Le film est sur le point de commencer lui dit-elle. Tu n’as pas à rater des minutes juste pour ça. - Attends, regarder un film sans popcorn ? Mais c’est insensé. On parle d’une tradition là ! répondit-il. - Je sais très bien que sans popcorn c’est presque nul mais on peut sans. En plus, j’ai des chips dans mon sac donc tu ne bouges pas répliqua-t-elle en glissant sa main sur celle de Diego. - C’est par là qu’il fallait commencer disait-il, en se confortant dans sa position. Elle avait posé sa main sur celle de Diego et pour lui, ce n’était pas un geste anodin. Il marquait des points, et en était fier. Il y a des gestes qui ne trompent pas, Diego en était conscient. Il lança un regard vers elle alors qu’elle avait le sien fixé devant le film qui venait de commencer et lâcha un sourire. Il la regardait avec admiration, le courant passait très bien. Mais cela ne faisait que trois jours qu’il l’avait rencontré, s’avançait-il trop rapidement ? Cela ne le préoccupait pas. Durant les deux heures que dura la projection du film, ils échangèrent que très peu de mots. Les seules expressions qu’ils avaient eues étaient l’attitude et les mimiques. En fonction des scènes qu’il y avait, les réactions étaient différentes. Entre la peur, le stress, la colère ou même de la compassion, tout était au rendez-vous. Une fois le film terminé, il fallait rentrer. - Merci Diego pour la soirée remercia-t-elle en se levant. - Je t’en prie Blandine. Merci à toi d’avoir acceptée venir. Ils se tirent les mains jusqu’au parking où Diego avait garé la voiture. - C’était un film génial lâcha Blandine. - Très intéressant. Mais tu as eu beaucoup peur. Emotionnellement, tu es sensible. - Arrête de te moquer. Tu avais vu la plupart des gens dans la salle ? C’est toi l’insensible disait-elle pour se défendre. - C’est ça. Trouve des arguments pour te défendre. Plus sincèrement, merci d’avoir accepté mon invitation. Tu as fait ma soirée. - C’était un plaisir d’être en ta compagnie. Le plaisir, il est partagé. Il lui ouvrit à nouveau la portière et l’invita à s’installer. Le trafic étant fluide, il ne roula que pendant une vingtaine de minute pour se retrouver devant la maison de Blandine. Il coupa le contact, il était venu ce moment de se dire au revoir, de se séparer. Ils se fixèrent, ils brûlèrent l’un comme l’autre d’envie de s’embrasser mais personne n’osait faire le geste qu’il fallait. Le silence était devenu maître des lieux, leurs cœurs à eux deux battaient la chamade. Personne ne voulait se dévoiler, personne ne voulait s’avancer trop rapidement. L’inévitable arriva, dans la seconde qui suivait, leurs lèvres étaient collées l’une contre l’autre. Ils s’embrassèrent pendant un moment avant qu’elle n’eût l’idée de se retirer. Elle décolla brusquement ses lèvres. - Je suis désolé, s’excusa Diego. - Tu n’as pas à t’excuser répondit-elle mais en se précipitant de sortir de la voiture. A lundi, cria-t-elle une fois loin de la voiture. - Pourquoi lundi ? On peut s’écrire non ? questionna-t-il. Je ne juge pas cela utile répondit-elle en claquant la porte.
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