14. Tirs croisés La journée avait été rude pour Mireille Panckoucke. Elle avait dû, d’abord, dès le matin, consoler sa fille Julie. Son futur fiancé, le fils de Corbie, l’étudiant en médecine à cheveux gras, lui avait annoncé par texto son souhait de mettre un terme à leur relation. Ce petit goujat n’avait fourni aucune explication solide, prétextant de manière désinvolte qu’il ne l’aimait plus. Julie en était profondément remuée. Plus qu’une affaire de sentiments, c’était une blessure d’amour-propre, mais aussi, plus curieusement, d’argent. À seulement 20 ans, la jeune fille avait une vision déjà très sûre du patrimoine que ce revirement lui faisait perdre. Elle ne serait jamais la propriétaire du château d’Orival ! Mireille, constatant que le chagrin de sa fille n’était pas totalement d


