Lettre XXIII

112 Mots

Lettre XXIIIFontainebleau, 18 octobre, II. L’homme connaîtrait-il aussi la longue paix de l’automne, après l’inquiétude de ses fortes années ? Comme le feu, après s’être hâté de consumer, dure en s’éteignant. Longtemps avant l’équinoxe, les feuilles tombaient en quantité ; cependant la forêt conserve encore beaucoup de sa verdure, et toute sa beauté. Il y a plus de quarante jours, tout paraissait devoir finir avant le temps : et voici que tout subsiste par-delà le terme prévu ; recevant aux limites de la destruction, une durée prolongée, qui, sur le penchant de sa ruine, s’arrête avec beaucoup de grâce et de sécurité, et qui s’affaiblissant dans une douce lenteur, semble tenir à-la-fois et du repos de la mort qui s’offre, et du charme de la vie perdue.

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