Premier fragmentCinquième année. Si le bonheur suivait la proportion de nos privations ou de nos biens, il y aurait trop d’inégalité entre les hommes. Si le bonheur dépendait uniquement du caractère, cette inégalité serait trop grande encore. S’il dépendait absolument de la combinaison du caractère et des circonstances, les hommes que favorisent de concert, et leur prudence et leur destinée, auraient trop d’avantages. Il y aurait des hommes très heureux et des hommes excessivement malheureux ; mais ce ne sont pas les circonstances seules qui font notre sort : ce n’est pas même le seul concours des circonstances actuelles avec la trace, ou avec l’habitude laissée par les circonstances passées, ou avec les dispositions particulières de notre caractère. La combinaison de ces causes a des eff


