43.Et Gironde, la belle, attendait toujours. Gironde était coquette comme pas une, on le sait ; Gironde avait tous les seigneurs de France et de Navarre à ses pieds et leur avait quelque peu ri au nez. Mais, cette fois, Gironde ne riait pas. La belle enfant s’était laissée prendre à la beauté mélancolique d’Amaury, à sa fierté native, à ses grands airs de l’homme de race qui a fait de sa vie un perpétuel et hautain sacrifice. Amaury aimait la reine de Navarre ; cela suffisait pour que Gironde voulût être aimée. Or, Amaury, depuis deux jours, avait paru se prendre à ses agaceries mutines, à ses œillades à demi sérieuses, aux légers soupirs qu’elle savait pousser à propos. Un moment même, la spirituelle dame d’atours avait espéré le triomphe. Amaury était parti de bien belle humeur et


