VI La nouvelle donnée par Barbe Ardalionovna à son frère était parfaitement exacte : il devait y avoir une soirée à la villa des Epantchine et on comptait y voir la princesse Biélokonski. Les invitations étaient justement pour ce soir-là. Mais elle en avait parlé avec plus d’humeur qu’il n’était nécessaire. Sans doute la soirée avait été décidée précipitamment et au milieu d’une agitation tout à fait superflue, mais la raison en était que, dans cette famille, « rien ne se faisait comme ailleurs ». Tout s’expliquait par l’impatience d’Elisabeth Prokofievna, qui « ne voulait plus rester dans l’incertitude », et par les palpitantes angoisses qu’inspirait aux parents le bonheur de leur fille chérie. En outre, la princesse Biélokonski était vraiment sur son départ ; or, comme sa protection av


