Le soir, à neuf heures, quand le prince fit son apparition dans le salon des Epantchine, déjà rempli d’invités, Elisabeth Prokofievna se mit aussitôt à le questionner avec intérêt et en détails au sujet du malade ; elle répondit sur un ton d’importance à la princesse Biélokonski qui avait demandé : « De quel malade s’agit-il et qui est Nina Alexandrovna ? » Ce trait plut beaucoup au prince. Lui-même, dans les explications qu’il donna à Elisabeth Prokofievna fut « très bien », comme s’exprimèrent plus tard les sœurs d’Aglaé : il avait parlé « avec modestie, calme et dignité, sans mots inutiles ni gesticulation ; il avait fait une entrée très réussie et sa mise était irréprochable ». Non seulement il ne s’était pas « étalé au milieu du parquet », comme on le craignait la veille, mais il avai


