LA CHÈVRE ET SON CHEVREAU Pour entrer dans la place je fis, non pas une porte, mais une petite échelle avec laquelle je passais par-dessus ce rempart. Quand j’étais en dedans, je l’enlevais et la tirais à moi. Je me croyais ainsi parfaitement défendu et fortifié contre le monde entier, et je dormais donc en toute sécurité pendant la nuit, ce qu’autrement je n’aurais pu faire. Pourtant, comme je le reconnus dans la suite il n’était nullement besoin de toutes ces précautions contre des ennemis que je m’étais imaginé avoir à redouter. Dans ce retranchement ou cette forteresse, je transportai avec beaucoup de peine toutes mes richesses, toutes mes vivres, toutes mes munitions et provisions, dont plus haut vous avez eu le détail, et je me dressai une vaste tente que je fis double, pour me gar


