Il y a rien de plus difficile dans la vie que d’apprendre à vivre avec les choix qu’on a fait, je l’ai compris au fure des années. J’ai compris que le plus dur n’est pas d’en faire mais plutôt d’apprendre à vivre avec … Mais il n’y a pas plus difficile qu’apprendre à vivre avec des choix qu’on n’a pas fait du tout, et pire de savoir d’ailleurs qu’on vivra toute notre vie sans jamais avoir de choix à faire.
Je n'arrête pas de me demander comment aurait pu être ma vie si j’étais née dans d’autres cieux. Croyez-moi il n'y a rien de plus difficile que de vivre rongé par des regrets, on meurt à petit feu.
10 ans se sont écoulés depuis mon mariage avec Omar Kouri, ma douleur est toujours aussi immense… Plus le temps passe, plus je perds goût à la vie et je me réfugie dans mon nouveau rôle de mère pour y trouver un peu de saveur et de douceur.
Appelez-moi désormais Aicha Kouri car obligatoirement chez nous la femme perd son nom de jeune fille après le mariage pour porter celui de son époux. Est-ce logique ? Je n’en sais rien, d’ailleurs je n'ai pas le droit de me poser ce genre de question. On dira encore que c'est l’école occidentale qui me pourrit l’esprit.
Je suis désormais mère de deux enfants, un bâtard et de la princesse d’Omar … Je sais, je n’ai pas le droit de dire des choses comme ça mais si votre époux vous le répète très souvent, il s'inscrit très fort dans votre cerveau.
Amir est désormais un grand garçon, et il ressemble de plus en plus à son père, et Omar le supporte de moins en moins.
“ Maman! Pourquoi papa ne m’aime pas ? ” m'a-t-il demandé une fois en larme, je constate de jour en jour de la tristesse dans ses yeux d’enfant et l'impuissance de mon réconfort et de mes explications.
“ Papa t’aime et ne doute jamais dessus ” lui répétais-je très souvent pour lui donner du punch, de quoi meurtrir mon cœur chaque fois qu’il est en larme.
Je n’avais plus jamais revu Franck, du moins ça ne m'intéressait même plus au dernière nouvelle il me haïssait et n’avait plus envie d’entendre parler de moi. Il s'était marié trois ans après le mien et il était très heureux dans son foyer d’ailleurs. Il s’était bien moqué de moi en tout cas, il m’avait souillé et m’avait laissé avec un enfant de honte, pendant qu'il se la coulait douce dans la capitale économique.
Omar avait lavé l’honneur de ma famille, et pour cela je devais à jamais lui être reconnaissant, car dans ma culture une femme qui n’était plus vierge avant le mariage était considérée comme un déshonneur. Les quelques lignes qui suivront vous raconteront l’histoire de ma vie, des difficultés auxquelles j'ai fait face, de mon état d'esprit, de mes aspirations, l'histoire d'Aïcha Kouri après son mariage forcé.