Yann, choqué, dévasté, cherche à savoir qui est la gérante du club. Ses mains tremblent. La photo d’Astride dans cet album lui brûle les yeux.
Junior et Karmelle, dans leur chambre, discutent longtemps de Yann, de Darus, de tout ce qui arrive à leur famille. Épuisés par les émotions, ils finissent par s’endormir, l’un contre l’autre.
Franck n’est pas d’accord avec son ami. Il lui refuse catégoriquement de toucher à la plantation.
— *Ébènezere, non. Je ne te suivrai pas là-dedans. On a déjà trop fait. Rafiou est mort à cause de nous.*
Mais Ébènezere insiste toujours, le regard noir.
— *Je le ferai demain, tard dans la nuit. Quand tout le monde dormira. Plus personne ne m’arrêtera.*
Rigo, de son côté, commence peu à peu à se ressaisir de la disparition de son frère. La douleur est là, mais il refuse de sombrer.
Joeresse dîne avec Maella. Il pose sa fourchette, la regarde droit dans les yeux.
— *Maella, il faut qu’on parle. Il ne peut rien y avoir entre nous. Je suis amoureux de ma femme. Je compte revenir avec elle.*
Cette déclaration énerve Maella. Elle se lève brusquement, renverse sa chaise.
— *Tu te fous de moi, Joeresse ? Après tout ce qu’on a fait ?*
Elle s’en va, furieuse, sans se retourner.
Ronisia est inquiète. Il fait nuit, mais son fils n’est toujours pas rentré. Arianne joue la sœur aimable et décide d’appeler ses enfants pour se renseigner. Elle compose le numéro de Junior, puis de Karmelle, mais personne ne décroche. Le silence la glace.
Yann voit Darina dans le club. Il s’approche, la voix rauque.
— *Je veux passer la nuit avec celle-ci.*
Darina le regarde, gênée, et lui avoue :
— *On a oublié d’enlever sa photo de l’album. Je suis désolée, mais elle est désormais mariée au chef de la b***e. Je ne peux plus.*
Yann est confus. Mariée ? Au chef ?
Yann croise Jessica dans le couloir du club et l’attrape par le bras.
— *S’il te plaît, tu connais Astride ? Dis-moi.*
Jessica, surprise, répond :
— *Astride ? C’est la femme du patron, Xavier.*
Yann insiste, le cœur au bord des lèvres.
— *Je veux savoir ce qui s’est passé. Comment elle a atterri ici ?*
Jessica refuse, méfiante.
— *Je peux rien te dire. C’est dangereux.*
Yann, désespéré, avoue :
— *C’est ma copine. Astride, c’est la femme de ma vie.*
Jessica, choquée, se rend enfin compte qu’il s’agit de l’homme dont Astride lui parlait sans cesse. Elle change de ton et lui avoue tout : le mariage forcé, les menaces, la violence. Elle lui donne l’adresse de Xavier et lui demande d’être prudent.
— *Ne fais rien de stupide. Xavier est dangereux.*
Jessica décide de l’héberger chez elle cette nuit, et demain matin elle lui montrera la maison.
Ronisia s’inquiète de plus en plus. Son téléphone sonne. C’est Yann.
— *Maman, ne m’attends pas. Je ne rentrerai pas ce soir.*
Cela étonne sa mère, qui raccroche le cœur serré.
Franck appelle Joeresse alors qu’il voulait dormir.
— *Joeresse, réveille-toi. Ébènezere prépare un grand coup contre toi. Il veut brûler ta plantation.*
Ébènezere, qui écoutait derrière la porte, est surpris et choqué d’être trahi.
Le lendemain, Joeresse débarque chez Ronisia, tout inquiet. Il demande aussitôt :
— *Où est Yann ? Il est là ?*
Sa mère secoue la tête.
— *Il n’a pas dormi ici hier. Je ne sais pas où il est.*
Arianne insinue :
— *Il serait chez ses cousins, sûrement.*
Joeresse leur informe de ce qu’un individu lui a dit hier au téléphone. Ronisia est sans voix, se demandant ce qu’Ébènezere veut faire encore.
Yann arrive avec Jessica, se faisant passer pour son copain. Arrivés dans la maison de Xavier, Jessica présente Yann comme son copain, le sourire forcé.
Xavier, assis dans son fauteuil, ordonne :
— *Dis à ma femme de descendre. Je veux la présenter.*
Astride descend des escaliers et tombe sur Yann. Elle reste sans voix, pétrifiée. Ses jambes flanchent. Elle décide de faire demi-tour et d’aller se recoucher, mais excitée, bouleversée d’avoir pu toucher Yann du regard, même une seconde.
Thérèse, une femme impliquée dans les coutumes endogènes du village, insinue à Samuel :
— *Samuel, tu dois récupérer tes enfants. Ils doivent suivre les traditions de notre village. C’est leur devoir.*
Samuel avoue à sa tante :
— *J’ai déjà tout préparé. Demain ou dans deux jours, les enfants seront avec nous. Qu’ils le veuillent ou non.*
Ronisia demande à Arianne d’appeler ses enfants pour savoir si Yann est avec eux. Lorsque Junior décroche, il avoue le contraire.
— *Non, tata. Yann n’est pas ici. On ne l’a pas vu.*
Junior, après avoir raccroché, est inquiet. Pareil pour Darus qui, lui aussi, est inquiet. Où est leur frère ?
Yann, étant au salon avec Jessica et Xavier, décide d’aller uriner. Mais il avait une autre idée en tête. Il monte discrètement et entre dans la chambre d’Astride. Astride n’arrive pas à le croire. Elle porte sa main à sa bouche.
— *Mon amour… mon amour…* murmure-t-il.
— *Yann ? Oui, je suis venu te sortir de là, à tout prix. Et surtout, ne parle pas trop fort.*
— *Mais comment ? C’est dangereux. Cet homme peut te faire du mal, te tuer !*
Yann lui prend les mains.
— *Je reviendrai te chercher. Je vais informer la police. Tiens bon.*
Darina, qui est toujours au lieu où sa fille a eu l’accident, se fait remarquer à nouveau par le même homme, le pêcheur. Il finit par s’approcher et lui pose des questions.
— *Madame, pourquoi vous pleurez ici tous les jours ?*
Darina lui raconte tout, en larmes, disant qu’elle a perdu sa fille dans un accident avec sa tante. Le pêcheur se rappelle de cette fille. Il demande à avoir une photo d’elle.
Darina, qui a récupéré une photo chez l’une des voisines de sa mère, la montre à cet homme. Le pêcheur écarquille les yeux. Il découvre qu’Astride est la fille de cette femme.
— *Je la connais. J’ai sauvé cette fille après l’accident. Elle est actuellement chez ma sœur. Elle est vivante.*
Cette nouvelle rend Darina heureuse et excitée. Elle pleure de joie. Le pêcheur décide de l’amener chez sa sœur immédiatement.
Après la sortie de Jessica et Yann, Jessica lui avoue :
— *N’appelle pas la police, Yann. Ça compliquera l’affaire. Xavier a des contacts partout. Ils doivent être prudents.*
Elle insinue qu’ils vont l’enlever par un quelconque moyen, plus discret. Yann est d’accord. Il serre les poings.
Yann débarque chez ses cousins, Junior, Karmelle et Darus. Il a le souffle court, les yeux brillants.
— *J’ai une bonne nouvelle. Je l’ai vue. J’ai vu Astride. Elle est vivante. Et je vais la sortir de là.*