II Le duc sonna ses gens, se fit coiffer de nuit et vint s’asseoir en robe de chambre à quelque distance de son rival, qui avait souri de pitié en voyant le vainqueur des Autrichiens s’abandonner gravement à de minutieux détails de toilette. Richelieu se mit à considérer l’artiste avec cet air de fatuité moqueuse des hommes à bonnes fortunes. Il vit un individu d’une trentaine d’années environ, dont le costume sévère, dégagé de tous les futiles ornements que la mode attachait alors aux habits de cour, faisait ressortir une taille majestueuse et bien prise. Son visage avait la pâleur mate des peuples méridionaux. La régularité de ses traits et la noblesse de sa tournure n’échappèrent pas à Richelieu, qui fit une légère grimace, tout en réfléchissant, à part lui, que Pelinetta ne pouvait


