XVII - L’apparition-2

2310 Mots

L’Amour est, comme on sait, un pauvre aveugle privé par-dessus le marché de l’ouïe, de la parole, et ne se conduisant que par des presciences, des divinations, des facultés nerveuses de malade. C’est pitié vraiment de le voir errer, tâtonner, porter à faux tous ses pas, frôler du doigt les appuis où il se guide avec des maladresses méfiantes d’infirme. Au moment même où il mettait en doute la sensibilité d’Aline, Paul, annonçant à ses amis qu’il partait pour un voyage de plusieurs jours, peut-être de plusieurs semaines, ne vit pas la pâleur subite de la jeune fille, n’entendit pas le cri douloureux échappé de ses lèvres discrètes : « Vous partez ? » Il partait, il allait à Tunis, bien inquiet de laisser son pauvre Nabab au milieu de sa meute enragée ; pourtant la protection de Mora le ra

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