– Oh ! ma fille, qu’est-ce que tu vas faire croire à M. Paul, que tu es née sous un pont ?… disait la bonne Crenmitz, qui ne pouvait se faire à l’exagération de certaines images et prenait tout au pied de la lettre. – Laisse-le croire ce qu’il voudra, ma fée… Nous ne le visons pas pour mari… Je suis sûre qu’il ne voudrait pas de ce monstre qu’on appelle une femme artiste. Il croirait épouser le diable… Vous avez bien raison, Minerve… L’art est un despote. Il faut se donner à lui tout entier. On met dans son œuvre ce qu’on a d’idéal, d’énergie, d’honnêteté, de conscience, si bien qu’il ne vous en reste plus pour la vie, et que le travail terminé vous jette là sans force et sans boussole comme un ponton démâté à la merci de tous les flots… Triste acquisition qu’une épouse pareille. – Pourt


