IICe fut par une admirable soirée de printemps que le chevalier Richettini entra dans Gênes. À cette heure, vraiment, les trois dômes de Carignan resplendissaient à la lune du côté de la vieille ville ; la tour du palais et celle de St-Laurent, élégantes et blondes sous les reflets de l’astre, contrastaient avec la flottille noire du Môle-Neuf et les fortifications grisâtres des collines. La strada nuova, grâce aux longs jardins qui la bordent, embaumait cette nuit douce du parfum de ses orangers ; ce fut dans cette rue que le chevalier descendit. Oui, dans cette rue, et dans ce palais Serra qui semblait un grand tombeau, car personne ne lui répondit d’abord. Ce fut un vieux majordome, à demi-sourd, qui en tira les verrous au chevalier. – Qui demandez-vous ? – Mon palais, car c’est le m


