Elle me raconta ce qui suit : Mon malheur a sa source dans mon cœur. Un penchant invincible pour le plaisir ne me fait respirer que pour lui. Une mère injuste et cruelle m’avait confinée dans un cloître. Trop timide pour opposer mon dégoût à ses ordres, je ne fis parler que mes larmes ; elles ne l’attendrirent pas, je pris le voile. Le moment fatal de prononcer l’arrêt de ma mort approchait : je frémis à la vue du serment que j’allais faire. L’horreur de ma prison, le désespoir d’être privée de mon unique bien, me plongèrent dans une maladie qui aurait terminé mes peines, si ma mère, touchée de mon état, ne s’était reproché sa dureté. Elle était pensionnaire dans le couvent où elle voulait que je prisse l’habit. Un projet de retraite l’y avait amenée ; mais la réflexion l’en retira. Les f


